• je suis trempée lorsque je pousse notre porte.  
    Mon Maître rentre tard ce soir, il m'a prévenue, et le bus que je prends normalement n'est pas passé. je suis rentrée à pieds, sous une petite pluie fine et tiède, qui, au fil des kilomètres, a fini par mouler chaque cm² du tissu de mes vêtements à ma peau.  
    j'ai encore le bruit du clapotis des gouttelettes sur le capot des voitures dans ma tête, mêlé au chant des grenouilles, comme si je venais de la campagne....  
    étrangement, au lieu de m'agacer, le temps passé à marcher sous la pluie m'a apaisé. l'eau semble m'avoir envahi, extérieurement, en ruisselant le long de mon visage, et intérieurement, par son odeur âcre et salée, qui a pris possession de mes poumons...
     
    je frissonne en retirant mes vêtements, et sèche mes cheveux sombres, qui ondulent et bouclent joyeusement sur mes épaules, à cause de la pluie.
    il est 19H. malgré le temps perdu à rentrer à pieds, il est encore beaucoup trop tôt, à mon goût, et la soirée promet d'être longue....  
     
    ça fait deux semaines déjà..... deux longues et interminables semaines....  
    deux semaines à me sentir seule.... deux semaines à me sentir vide.... et chaque jour ma joie de vivre et mon énergie s'amenuisent un petit peu...
     
    il est rentré un soir, j'avais besoin d'un câlin, j'avais besoin de son sourire, j'avais besoin de ce regard à la fois protecteur et coquin qui me fait vivre.... je me suis agenouillée devant lui, lui lançant un regard à la fois lourd et léger de soumission, d'abandon, et de confiance...
    il m'a souri, et, comme un enfant, il a murmuré "pounci".  
    ce mot vient de l'enfance de chacun d'entre nous..... certains s'en souviennent, et d'autres non.... "pounci" est un mot d'enfants pour dire qu'on arrête le jeu....  
     
    la première fois qu'il l'a utilisé, je me suis moquée de lui, gentiment mais..... j'ai beaucoup moins ri quand j'ai compris la signification qu'il lui donnait.... ça signifiait que je n'avais plus le droit au plaisir, à ce plaisir que lui seul sait me donner, et cela pour un temps que lui seul déciderait....
    trois fois déjà il a joué avec moi en m'imposant cette contrainte.... je pensais que c'était facile.... mais ce n'est pas facile.... tant qu'il est là, à me surveiller, je me raisonne, car j'aime tellement qu'il soit fier de moi, j'aime tellement cette expression dans ses yeux quand j'y arrive, enfin, à être cette petite femelle docile et malléable qu'il chérit tant....  
    mais.... le pire, c'est quand il n'est pas là.... je pense à lui tellement de fois..... je pense à nos jeux... je pense à nos rôles.... je l'imagine..... se déhanchant souplement au dessus de mon corps.... j'imagine notre plaisir mêlé et partagé.... et...... je craque.... les trois fois, j'ai craqué. au bout de quelques jours. méprisant la sanction à venir, méprisant son plaisir, méprisant..... mon Maître. chaque fois, il me laissait une chance, et chaque fois je craquais.
     
    mais.... cette fois ci, c'est différent.... ce "pounci" entre ses lèvres... cette confiance dans son regard.... cette fois-ci, je me suis regardée dans le miroir, pendant de longues minutes, et je me suis juré d'y arriver. de le rendre fier pour du bon, pour une fois.... et quand j'ai vu sa silhouette s'entourer autour de la mienne, dans le reflet du miroir, et m'observer longuement, en prenant tout son temps, à travers notre image, avec Cette confiance là dans les yeux, j'ai su que j'allais y arriver, cette fois.
     
    et j'y arrive. depuis deux semaines. au début, le plaisir me manquait. seulement le plaisir.... et... au fil des jours.... c'est mon Maître qui a commencé à me manquer.... au delà du plaisir.... ce désintéressement.... ce flegme, quand il passe à côté de moi et caresse doucement ma joue, me faisant languir de tendresse sans rien me donner de plus....  
    et..... surtout.... le pire.... cette solitude qui me revient en tête.... cette impression d'être seule au milieu des autres.... que leur regard glisse sur moi, sans même qu'ils me voient.... quand je n'ose pas parler..... quand je rougis trop vite.... quand je suis trop discrète....
    seul mon Maître savait me rendre à la vie.... seul lui sait me faire exister.... et sa semi-absence.... cette solitude.... elle dévore mon sourire jour après jour....
    si au moins il me prenait contre lui.... rien que ça.... juste quelques minutes..... quelques minutes de sa chaleur, et je souris pendant des journées entières.... mais là.... rien.... c'est pire qu'un jeu.... c'est pire....
     
    deux semaines..... deux longues semaines.... je suis assise sur le canapé, les jambes repliées sur moi-même, j'ai enfilé un jean et un petit haut secs, et j'ai glissé mes pieds nus sous mes fesses, pour les réchauffer.... je mordille un morceau de bâton de réglisse, simplement pour faire quelque chose, en l'attendant, et pour ne pas avoir envie de fumer.... j'ai allumé la télé, et je regarde les personnages de "Friends" qui s'engueulent, sans vraiment entendre ce qu'ils se disent....  
     
    une fois le repas préparé, une fois la maison rangée.... il ne me reste plus rien d'autre à faire que d'attendre sa présence.... je me languis de lui à chaque minute de plus.... et une tristesse s'empare de moi chaque minute plus fort.... je sais qu'il va rentrer, et que le jeu va continuer... un baiser sur mon front, au mieux et..... après il faudra manger.... alors que moi je n'ai faim que de lui.... il va regarder la télé.... je vais me lover doucement contre lui, et poser mon visage sur sa cuisse, sans rien dire.... et je sentirai sur sa peau l'odeur d'une autre femme.... je ne dirai rien.... il sait que je sais.... il sait que je me tairai....  
    avant que je n'arrive dans sa vie, comme une ombre, il était libre. pourquoi il ne le serait plus aujourd'hui? après tout ce qu'il donne de lui-même pour les autres, chaque jour.... d'ailleurs.... s'il ne pouvait pas s'évader auprès de femmes plus mûres et sûrement très différentes de moi, quelques fois, est ce qu'il me garderait? est ce qu'il ne finirait pas par se lasser de moi? et puis.... il est si beau quand il est libre..... et il est si à moi quand il est là....
     
    j'entends un bruit à la porte.... c'est peut être lui ! même si je sais que le jeu va continuer tant qu'il le décidera, mon cœur bat la chamade, et mon esprit s'affole, je cours pieds nus jusqu'à la porte, et l'ouvre précipitamment mais..... c'est juste le chien du voisin qui gratte à notre porte....  
     
    un soupir de tristesse m'envahit, c'en est trop, et un sanglot commence à monter dans ma gorge.... je fais signe au chien de rentrer, m'affale à nouveau sur le canapé, le chien saute à côté de moi, pose ses pattes contre ma hanche , et me regarde, l'air surpris..... il n'a pas l'habitude que je ne lui souris pas.... il a l'air de tout comprendre..... mais.... je me fais sûrement des idées! comment le chien il pourrait comprendre que je me sens seule? malgré tout, j'entoure mes bras autour de lui, et je pleure doucement contre son oreille.... il sent le chien qui a pris la pluie, et son poil est encore tout humide, mais je m'en moque.... il reste contre moi et me réconforte.... en tout cas, c'est l'impression qu'il me donne.... la vérité, c'est qu'il me rend plus triste encore..... dire que je ne peux chuchoter mes sentiments qu'à l'oreille d'un chien ! rien que cette pensée me fait pleurer de plus belle.... je voudrais que mon Maître soit là....
    tout d'un coup, le chien se redresse, et traverse la pièce en courant et en aboyant.... ses aboiements se transforment en gémissements de plaisir, et je comprends que mon Maître vient de pousser la porte....
    je m'en veux un petit peu d'avoir laissé le chien rentrer, je sais qu'Il ne veut pas.... discrètement, je lui fais une dernière caresse, comme pour le remercier de pas m'avoir laissé toute seule, et je le renvois chez le voisin, en le poussant doucement ...
    Mon Maître est au milieu de la pièce, une expression de reproche sur le visage.... c'est à cause du chien... je m'agenoue doucement à ses pieds, et garde le visage baissé, même si je n'ai qu'une envie, c'est de me perdre sur chacun des traits de son visage.  
    je savoure cet instant précieux où je m'offre à lui.... où je sens son odeur toute proche de la mienne.... il passe une main sous mon menton, et relève mon visage...
    "tu pleures nina?"
    je murmure "non Monsieur".
    il secoue mon visage, l'air agacé. je sais à quel point il déteste que je lui mente.... je me dégage de sa main, souplement, et baisse les yeux à nouveau, espérant que ça suffise à me faire pardonner....
    il reste une minute interminable à me regarder.... j'ai envie de lui.... tellement envie.... il passe une main dans mes cheveux.... qui glisse sur ma joue.... et sur mes lèvres.... je ne peux pas m'empêcher d'embrasser ses doigts .... j'ai beau savoir que je n'ai pas le droit.... j'ai trop besoin de lui.... je donnerai tout pour qu'il me prenne contre lui, maintenant....
     
    toujours le regard baissé, j'entends qu'il retire sa ceinture.... mon corps se crispe.... j'ai terriblement envie de relever les yeux vers lui.... j'ai peur que la ceinture ne soit destinée à punir ma désobéissance , pour le chien.... ou mon mensonge.... ou mon geste d'affection non contrôlé.... ou autre chose.... c'est si dur d'être une bonne soumise....  
    mais il la laisse tomber au sol, et j'entends qu'il ouvre les boutons de son jean.... je relève un regard prudent vers lui, et je comprends.... un large sourire naît sur mes lèvres....
    tout doucement, je dégage son sexe, qui se dresse vers moi avec toute la force de son envie....
    du bout des lèvres, je l'embrasse, sur toute sa longueur.... et je souffle tout doucement sur ses testicules... je sais ce qui fait vibrer mon Maître.... et j'adore son regard sur moi dans ces moments là.  
    deux semaines.... ça a été si long.... je laisse glisser mes lèvres le long de la peau tendre de son sexe.... je le laisse me guider, sentant ses doigts pousser mon visage et le retirer, se crispant dans mes cheveux.... je tremble de plaisir.... enfin ! je glisse mes doigts discrètement entre mes cuisses..... mais.... à peine le début d'une petite onde de plaisir qui me traverse, et, déjà, j'entends ce que je redoutais:
    "Non nina".
     
    le ton est sans appel..... je retire avec peine mes doigts, et j'ai du mal à m'appliquer à son plaisir.... je le laisse me guider.... il n'a pas l'air de comprendre que je ne m'applique plus, et c'est tant mieux....
    il se retire de ma gorge, sans avoir joui.... je relève les yeux vers lui, suppliante....  
    ça commence à être trop long.... je n'en peux plus..... s'il te plaît.... arrête..... c'est moi qui te dit " pounci" maintenant, tu ne le comprends pas? je pense chacun de ces mots, mais n'en prononce pas un seul....
     
    sans rien dire, il me soulève, et m'allonge sur le canapé, retire mon jean, et tire doucement sur mes hanches pour que mes jambes se retrouvent dans le vide.... de moi-même , j'écarte mes cuisses....  
    il me sourit, vient se placer entre mes jambes, et pénètre doucement en moi.... enfin ! je n'en pouvais plus ! je me cambre pour qu'il vienne plus profond mais....
    "Non nina. ne bouge pas."  
    je serre fort mes doigts autour du tissu du canapé, pour me forcer à me calmer....si je ne me contrôlais pas, je crois que c'est moi qui lui ferai l'amour, tellement je n'en peux plus....
    tout doucement, il commence un lent va et viens en moi.... s'enfonçant à peine dans ma chaleur  humide.... je tremble d'envie..... le plaisir n'attend qu'une seule chose, c'est de se libérer !
    il se retire, je me dis qu'il va enfin me libérer, s'enfoncer au plus profond de moi et me laisser exploser mais.... il s'éloigne.... me laissant tremblante et pantelante d'envie sur le canapé....
    je me redresse, lui lançant un regard désespéré mais.... déjà il referme les boutons de son jean.... il ne va pas me laisser comme ça! ça n'est pas possible! je vais mourir d'envie! pourquoi il fait ça? je n'en peux plus moi!
     
    "bon, nina, on mange? j'ai une faim de loup moi ! "
     
     il se moque de moi? c'est pas possible! deux semaines.... et il me fait ça.... mais il va me rendre folle! qu'est ce que je lui ai fait moi pour qu'il me fasse ça? les larmes commencent à monter , empourprant mon visage.... cette fois-ci, je craque.... il sait bien que j'ai tenu tout ce temps....  
    je me relève d'un coup, traverse la pièce sans rien oser dire, et claque la porte de la chambre derrière moi.... à peine le geste fait, je le regrette déjà....  
     
    dans la chambre, je tremble comme une feuille.... je vois déjà la porte se réouvrir, et l'expression de colère sur son visage.... je reste debout au milieu de la pièce, immobile.... l'excitation retombe déjà, laissant place à la crainte.... ce geste là ne sera pas pardonné, j'en suis presque certaine. au bout de plusieurs minutes, qui paraissent une éternité, la porte s'ouvre.  
    je sursaute.... l'expression de colère à laquelle je m'attendais est bien là.... je voudrais demander pardon, lui dire que je regrette, que j'ai regretté tout de suite... mais.... je sais bien que s'il m'a laissé plusieurs minutes, c'était pour me laisser une chance de venir m'excuser par moi-même.... cette chance, je ne l'ai pas saisie. à mes risques et périls.  
    toujours cette satanée fierté.....  
     
    "apparemment, tu n'as pas faim."  
     
    sa voix est basse, posée.... je préfère encore quand il crie. c'est mieux. au moins la sanction est immédiate. Cette voix là me fait peur. elle présage une sanction tranquillement réfléchie. elle me cloue sur place. elle me fige d'angoisse. elle me paralyse.... elle me contrôle, tout simplement.
     
    sans rien dire, il entoure ma chaînette autour de ma nuque, me tire doucement au sol, et m'attache à ma place, dans la chambre.
     
    je n'ose pas relever les yeux vers lui.... je reste immobile alors qu'il s'éloigne, et referme la porte derrière lui....
     
    j'entends qu'il mange.... j'entends qu'il travaille un petit peu, j'entends qu'il regarde la télé.... je donnerai tout pour être à ses côtés.... mais je suis seule.... seule comme avant..... et à nouveau je pleure en silence....
     
    quand il vient se coucher, il ne m'accorde pas même un regard, et je comprends que la sanction n'est pas pour ce soir.... elle est pour demain.... demain matin? demain après-midi? demain quand? pour une fois, je donnerai tout pour que demain soit un jour où je travaille et où il travaille.....un jour de plus qui nous éloigne.... mais demain, je suis à lui. toute à lui. et j'ai peur.
     
    la nuit est agitée.... lui, dort paisiblement.... je réfléchis à ma sanction.... elle ne peut pas être trop sévère. j'ai tenu deux semaines, quand même! qu'est ce qu'il va me faire? l'angoisse monte d'heure en heure.... la panique laisse sa place au vide.... le vide à la panique.... et ainsi de suite jusqu'au petit matin....
    je l'observe avec anxiété, silencieuse et immobile à ma place.... et mon cœur se remet à battre trop vite dès que j'entends le petit gémissement caractéristique de son réveil s'élever dans sa gorge.... et dès que je croise son regard encore un peu engourdi qui se fixe dans le mien à travers la semi-obscurité de la chambre.....
    on est déjà demain.......

     <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />  

    il se lève et me sourit..... ouf ! est ce qu'il sait qu'il vient de m'enlever un énorme poids du cœur là?  
    il s'approche et me détache, , flatte ma nuque sans rien me dire.... je lui demande du regard l'autorisation de quitter ma place...  
    il ouvre le volet métallique de la porte arrière.... je jette un regard sur le ciel : il pleut toujours autant....  
    je lui fais couler un café, pour moi rien ne passera tant qu'il ne m'aura pas dit quelque chose... il me prend la tasse des mains, et sort sous l'abri de dehors pour boire son café... j'enfile ma nuisette, personne ne peut nous voir quand on est sous l'abri, et le rejoins sans rien dire.... il s'est assis sur le rebord du béton, la seule partie sèche de derrière, et il regarde les nuages.... ce qu'il peut être beau....
     je me souviens des petits minets de la DASS, avec leur gel plein les cheveux, et leur regard abruti , qui croyaient pouvoir me draguer en jouant les braves devant les pions..... et je souris....
    Mon Maître les dépasse de tellement haut.... avec son visage qui a vécu, et ses cheveux pâlis par le temps.... jamais je n'aurais pensé que quelque chose d'aussi beau que lui puisse arriver dans ma vie....
    je m'assis à côté de lui.... il ne se retourne pas.... combien de minutes sont passées, où nous sommes restés côte à côte sans nous regarder.... combien de cm de pluie? combien de clignements de paupières? combien de battements de cœur? je ne sais pas....  
    la pluie a cessé quand il se décide à se lever....  
    "tu viens nina?" je lui souris, et le suis quand il rentre.
    je file prendre une douche, pendant qu'il regarde sur internet ses messages pour le travail. quand je reviens, il a éteint l'ordinateur, et me regarde de haut en bas.
    "tu es toute belle. on peut y aller."
    aller où? je lui jette un regard interrogateur, sans comprendre de quoi il parle...
    il prend les clefs de la voiture, enfile sa veste, et me fais signe d'enfiler mes chaussures.  
    "on va où?"  
    j'ai pas pu m'empêcher.... il me regarde, avec un air de reproche....
    "tu verras."
    je décide de ne pas insister, j'ai un peu peur d'aggraver mon cas.... je sais bien que mon geste de la veille n'est ni oublié ni pardonné.
    je monte dans la voiture et regarde la route défiler.... j'ai eu si peur toute la nuit, et, maintenant que le moment approche, je n'arrive plus à avoir peur.... c'est comme si j'avais écoulé toutes mes réserves de peur.... je me laisse bercer par la route, le manque de sommeil m'empêche de réfléchir....
    soudain, un virage, puis un autre.... cette route me dit quelque chose.... ces champs.... mon cœur fait un bond dans ma poitrine... je reconnais cet endroit.... ça mène à la maison de Patrick. mon Maître me jette un regard, il a compris que je venais de comprendre....  
    je le regarde et fais non avec la tête. je garde un mauvais souvenir de la dernière fois où il m'a laissée chez cet homme....  
    "ne t'inquiète pas nina."
    ses mots sont vains, quoiqu'il me dise, la peur est là, ancrée dans mon ventre.
    "Pardonnez moi Monsieur." ma voix est partie comme un souffle.... je ne veux pas aller chez cet homme.... je me souviens trop bien des fois précédentes...  
    mon Maître ne me répond pas, il fait mine de ne pas m'entendre, et il accélère.
    j'enfonce mes doigts dans le tissu du siège, pour me calmer.... je pensais ne jamais retourner là bas... la route passe vite, et bientôt, la voiture s'immobilise...
    je reconnais le morceau de pelouse, les saules pleureurs, et le pneu qui sert de balançoire sur l'arbre mort... peu de choses ont changé...
    je descends de moi-même de la voiture, de toutes les manières, je n'aurai pas le choix.  
    quand mon Maître contourne l'avant de la voiture pour me rejoindre, et me fait signe de le suivre, je reste immobile.... les larmes sont en train d'envahir mes yeux.... comment lui dire?  
    "allez nina!"
    je fais non avec la tête.... je ne peux pas ....  
    il s'approche doucement de moi, et cherche mon regard.... je fuis le sien tant que je peux... je n'ai pas le courage de le regarder...
    "tu n'as pas confiance en moi?"  
    le sanglot que j'ai retenu sort silencieusement....  
    "si Monsieur."
    je voudrais lui dire que j'ai peur, je voudrais lui dire que je ne suis pas sûre, cette fois, de me sentir capable, mais j'y arrive pas.... de toutes façons, je crois qu'il sait exactement ce qui est en train de se passer dans ma tête. il sait bien qu'il n'a pas tout réglé avec cette simple évidence: j'ai confiance, donc je le suis.
    "allez ma belle."
    sa douceur aura donc toujours raison de ma peur? comme si je n'avais pas de volonté, mes jambes le suivent.... alors que je m'attends à ce qu'il se dirige vers la porte d'entrée, il contourne la maison.... je reste un instant interdite.... je ne comprends pas.... je l'interroge du regard....
    "fais moi confiance nina." il y a un abri, comme pour ranger les outils d'extérieur, à l'arrière de la maison. mon Maître sort une clef de sa poche, et en ouvre la porte.... il me fait signe d'entrer.... j'obéis.... le petit abri est vide, le sol est fait de terre...
    la porte se claque derrière moi, et l'obscurité est totale...
    je panique un instant.... pourquoi il fait ça? j'entends la clé se tourner dans la serrure, et ses pas s'éloigner....  
     
     je me raisonne rapidement.... ça va aller.... j'en suis sûre.... avec mon Maître, ça va toujours.... j'essaie d'habituer mes yeux à l'obscurité.... il n'y a rien du tout ici... je reste debout au centre du petit abri, immobile....
    le temps passe lentement.... j'entends la pluie ruisseler le long des murs de l'abri.... j'apprivoise l'obscurité et le quasi-silence....
    le temps me paraît long.... tellement long.... au bout d'un moment, je finis par m'accroupir, fatiguée de rester immobile.... je ne veux pas m'asseoir sur le sol, la terre est humide....
    le temps s'égraine si lentement.... il s'est arrêté de pleuvoir, maintenant, et il me semble que le soleil est en train de taper sur la taule ondulée du toit....  
    je lève une main pour tâter le toit de l'abri, il est brûlant.... il doit être midi.... je tourne en rond, gagnée par l'ennui.... je déteste avoir tellement de temps pour penser....
     
    lorsque, enfin, j'entends des pas approcher, je prends peur.... et si c'était Patrick? un souffle de soulagement s'échappe de mes poumons quand la porte s'ouvre: c'est mon Maître....
     
    "déshabille toi nina."
    je le regarde, surprise... puis m'exécute... je suis presque soulagée, à l'idée que ça va bien être lui qui va me sanctionner.  
    je retire mes vêtements, et hésite à les poser sur le sol... mon Maître les prend de mes mains, il comprend toujours tout....  
    je le regarde, attendant qu'il se passe quelque chose.... il va bien se passer quelque chose, non? non.... il claque la porte et me laisse seule, nue, sur ce sol de terre....  
    je finis par m'accroupir à nouveau, la fatigue est en train de me gagner... je fixe la porte de l'abri.... je commence à avoir vraiment peur , maintenant.... le soleil tape de plus en plus fort, à mesure que l'après-midi passe, je commence à avoir si chaud que ma bouche se dessèche...
    la peur m'empêche de penser.... un souvenir tourne en boucle dans mon esprit....
     
    le visage du gosse.... et sa voix....
     
    "nina, es verdad lo que dicen los otros? "  
    "nina, es verdad lo que dicen los otros?"
    "nina, es verdad lo que dicen los otros?"
     
    le gosse qui me harcèle , pour savoir.... jour après jour.... le gosse qui a mal.... et moi qui ne sais pas quoi lui dire.... et moi qui en peux plus de raconter des bobards, alors que je ne sais même pas moi-même ce qui se passe....
     
    lorsque la porte s'ouvre à nouveau, je me suis assoupie, et je mets quelques secondes à reprendre mes esprits...  
    je réalise que deux silhouettes se sont glissées à l'intérieur de l'abri... je jette un regard à mon Maître, qui me tire vers l'extérieur, me tenant par le bras.... Il fait déjà presque nuit....
    je me sens stupide, nue, devant mon Maître et..... Patrick.... je me sens surtout affolée.... la vraie peur qui prend au ventre....  
    sans dire un mot, mon Maître me fait signe de le suivre , et noue mes poignets entre eux... mes pieds nus sont douloureux, sur les cailloux....  
    arrivés à la hauteur du pneu, mon Maître me fait comprendre qu'il veut que je me plie pour passer le haut de mon corps dans le pneu.... j'obéis, et Patrick noue ma taille au bas du pneu, serrant si fort que j'ai l'impression d'être sciée en deux....  
    dans cette position, et les poignets liés, je suis à la merci des deux hommes....  
    cette fois-ci, je n'arrive vraiment plus à réfléchir de façon cohérente... la peur monopolise chacune de mes pensées....
    Patrick tire un peu sur la corde qui maintient le pneu, et mes pieds se détache à peine du sol.... mon ventre est scié en deux par le caoutchouc.... j'appuie fort mes mains sur mes genoux, pour rester immobile....  
    pendant quelques minutes, les deux hommes restent à me regarder.... je relève un regard prudent vers mon Maître.... il a l'air satisfait.... et .... excité.... je le connais assez bien pour lire son excitation dans ses yeux....  
    sans bruit, il s'approche de mon visage, entrouvre ma bouche avec ses doigts, et glisse son sexe dans ma bouche.... il se laisse glisser jusque dans ma gorge, et caresse doucement mes cheveux....
    je sens les doigts de Patrick s'aventurer sur mes fesses.... qu'il malaxe brutalement.... je ferme les yeux.....  
    la première claque tombe.... je ne peux ni gémir, ni réagir.... je ne veux pas prendre le risque de faire du mal à mon Maître.... les autres claques se suivent, cinglantes et rapides....
    à mesure que la douleur crispe mon corps, mon Maître se sert de la corde à laquelle est attaché le pneu pour me faire aller et venir sur son sexe, et je sens que celui-ci durcit de seconde en seconde.... il s'enfonce de plus en plus profond dans ma gorge, m'empêchant de respirer...  
    je commence à sentir mon excitation grandir, et je voudrais que la douleur se décuple....  
    les claques cessent d'un seul coup, mais mon Maître continue d'aller et venir dans ma bouche, me balançant comme un jouet....
    je sens la main de Patrick se glisser entre mes cuisses....
    " a! ba tu vois! déjà ! on va pouvoir passer aux choses sérieuses...."
    il faut bien que je reconnaisse que mon intimité est trempée, et, à présent, les claques me paraissent risibles à côté de ce que je me sens prête à recevoir.... je tends mes fesses, et me déhanche, j'entends mon Maître retenir un petit rire.... il a gagné, comme toujours....me voilà chienne, réclamant la douleur.... me voilà Sa chienne....
    deux semaines pour en arriver là.... retour à la case départ.... il me connaît vraiment par cœur....
    je sens Patrick derrière moi se positionner..... le premier coup siffle.... c'est une badine.... souple et plus cinglante que celle de mon Maître...
    les coups tombent, réguliers.... sur mes fesses, mes reins, mes cuisses.... je me tends toujours plus vers la morsure à venir.... mon Maître se retire de ma bouche, il a l'air calmé, et il caresse mon visage en admirant la badine qui tombe et retombe en travers de mon corps....
    je ne peux pas m'empêcher de gémir, je me suis tellement retenue....
    je me cambre à chaque coup.... enfin, les coups cessent....
    tout mon corps tremble de douleur.... et d'excitation.... que ces deux semaines ont été longues....  
    mon Maître me contourne doucement.... j'entends qu'il dit
     "laisse nous."
    un sourire se dessine sur mon visage.... la sanction est terminée.... je retrouve mon Maître.... il caresse mes fesses.... et la badine reprend sa danse.... mais c'est une danse de bonheur, maintenant.... je me retiens de crier, pour qu'il soit fier de moi....
    les coups cessent rapidement....
    je sens les doigts habiles de mon Maître , qui me détachent.... je me sens tellement soulagée que ma tête tourne....  
    enfin, mon Maître m'aide à m'allonger sur l'herbe tendre, et me prend tout en douceur.... le plaisir se propage par vagues multiples dans tout mon corps....
    deux semaines..... lorsqu'il se calme enfin, je perds mon regard dans le sien, et je lui souris.... je ne suis plus seule.... et je me moque bien de savoir si ce que les autres disaient était vrai ou non. je m'en moque . le passé n'existe plus. seul mon Maître a su le vaincre....  
    il me sourit, et, derrière la maison de Patrick, le soleil se couche.... deux semaines.... effacées en une minute.... des années.... effacées en quelques mois.... merci Monsieur.
    Merci Raphaël. Merci. je n'aurai jamais assez de temps pour te dire merci.


    votre commentaire
  • je regarde le paysage défiler.... il paraît qu'ils mettent les moutons au bord des voies, pour donner une image touristique à la région.... le mec qui est assis devant moi n'arrête pas de manger des chips.... ça me rappelle que j'ai faim, mais.... j'ai plus un sou en poche, et de toutes façons même si j'en avais, je n'aurais pas le courage d'avaler quoique ce soit....
    le train fait un boucan d'enfer, parce que la fenêtre à l'autre bout du wagon est restée entrouverte, parce que personne ne la referme.... tant mieux.... il fait une chaleur étouffante, de toutes façons....
     
    j'ai hâte d'arriver, et j'espère que mon Maître ne va pas oublier de venir me chercher.... je vais avoir du mal à lui sourire.... je vais avoir du mal à faire semblant.... mais je le ferai. pour lui.
     
    quand j'avais pris ce train, dans l'autre sens, les 900€ étaient tombés de ma poche, et s'étaient éparpillés sur le quai désert....  
    je sais qu'il ne supporte pas que je ramène de l'argent à ma famille.... il dit que ça n'est pas normal.... que je travaille autant, pour essayer de les aider, alors "qu'ils ne se bougent pas pour sortir de leur propre merde".... ce sont ses mots.... il a sûrement raison, mon Maître, mais.... je n'arrive pas à leur en vouloir d'être moins dynamiques que lui et moi.... je n'y arrive pas....
     
    je m'attendais à une remontrance, peut être même à une gifle, étant donné qu'il n'y avait personne autour de nous.... je me suis mise à trembler, j'ai plissé les yeux... mais.... rien.... il a déposé un baiser sur ma joue, et m'a aidé à ramasser les billets.... il les a glissé dans la poche de mon sac, m'a serrée contre lui, et m'a poussée doucement vers le train, qui commençait déjà à fermer une à une ses portes....
     
    ce que je l'ai aimé, mon Maître ,à ce moment là.... qu'est ce que j'aurais donné pour avoir quelques minutes de plus à passer dans ses bras.... peut-être même pour ne pas monter dans ce train....
     
    mais.... il faut que j'y aille.... je sens tout au fond de mon ventre qu'Abuela n'en a plus pour très longtemps.... et j'ai envie de l'entendre encore une fois raconter toutes ses histoires, que je connais par cœur.... j'aimerais tellement avoir des réponses, aussi.... je voudrais tellement....
     
    Abuela est une vieille dame , aujourd'hui.... elle a de longs cheveux blancs qui pendent sans vie le long de son visage.... un regard comme éteint.... une silhouette fine.... non.... maigre. et...son teint mat semble avoir pâli....  
     
    mais.... dans mon esprit, elle reste la vieille dame énergique, un peu boulotte, au fort accent espagnol, et aux cheveux remontés au dessus de son regard noir, la vieille femme qui a pris le temps de nous engueuler, de nous encourager, de nous donner du courage, de nous pousser en avant, pendant presque toute notre enfance....
     
    le train m'a menée loin de mon Maître, et j'ai écouté Abuela raconter une fois encore sa jeunesse, me parler de choses que j'ai oubliées, aussi.... je l'ai écoutée, sans vraiment l'entendre.... les questions fusaient dans mon esprit.... j'ai essayé de lui dire, du regard, parce que j'étais incapable de les formuler.... mais.... Abuela est une femme simple, et elle n'a pas compris.... j'ai dormi une nuit à ses côtés, à peu près persuadée que cette fois-ci c'était la dernière fois, et je suis repartie, toujours aussi lourde de questions, toujours aussi vide de réponses....
     
    j'ai glissé entre ses mains rugueuses les billets, gagnés sur la durée, lentement.... pour qu'elle paye l'hôpital.... pour qu'elle aide mon père qui.... s'est perdu.... il y a longtemps.... et se perd de plus en plus chaque jour.... mon père que je ne trouve pas le courage de regarder dans les yeux .... mon père qui s'est perdu, à cause de moi.
    pour qu'elle veille à ce que le petit continue à aller à l'école, et.... qu'il puisse jouer de la guitare tous les soirs, au lieu d'aller travailler pour ces saletés de paysans, qui n'ont aucun respect pour lui.  
     
    au moment de repartir.... je suis passée devant la porte de mon père.... isolée des autres.... dans un coin, à l'extrémité du terrain.... j'ai posé mes doigts sur la poignet.... et j'ai eu peur....  
    j'ai embrassé le petit, qui d'ailleurs n'est plus vraiment un enfant, aujourd'hui, et j'ai filé....  
     
    j'ai pris le train dans l'autre sens... et j'ai laissé le vide qui s'était installé en moi s'évader par la fenêtre bruyante que personne ne referme....
     
    quand le train s'immobilise, enfin, je ne réalise pas tout de suite que je suis arrivée.... il y a eu beaucoup d'arrêts, dans tous les petits villages, sur le voyage.  
    dès que je réalise, je glisse mon sac sur mon épaule et me dirige vers la sortie. les gens sont pressés, ils se bousculent....
     
    je traverse le quai, cherchant mon Maître du regard.... il n'est pas là.... il doit simplement être en retard.... les gens s'éparpillent à travers la gare, puis finissent par s'éparpiller à l'extérieur de la gare....  
     
    je vais aller sur le parking, il m'attend peut être là-bas, je ne me souviens plus où il m'avait dit de l'attendre....
     
    Dans le couloir, le bruit de mes pas résonne.... je relève les yeux vers les tags colorés qui égayent toute sa longueur.... et.... au milieu des couleurs.... une silhouette.... que je connais trop bien pour ne pas la reconnaître tout de suite....
     
    je ne peux pas m'empêcher de courir vers lui, et je me laisse couler entre ses bras.... s'il savait ce qu'il m'a manqué.... s'il savait à quel point il est en train de me rendre mon oxygène....  
     
    il me repousse tout doucement....
     
    " doucement nina. tu vas m'étouffer. "
     
    je fais mine de faire la tête.... mais... la vérité c'est que j'ai envie de sourire.... de Lui sourire....  
     
    il rigole devant ma mine boudeuse
     
    " au moins tu fais plaisir à voir. "
     
    j'ai un peu honte de sourire, de laisser battre mon cœur aussi vite, de joie.... je revois encore la porte de mon père, que j'ai laissée close.... et le visage d'Abuela, que j'ai sûrement vu pour la dernière fois.... mais.... malgré tout, Le retrouver me fait toujours cet effet là, toujours.
     
    il récupère mon sac, et me pousse doucement devant lui....  
     
    "ça a été?"
     
    je n'ai pas envie de lui répondre.... d'ailleurs, je ne sais pas si "ça a été" ou non.... je n'en sais vraiment rien.... j'ai été heureuse qu'Abuela ne soit pas "partie" avant que j'arrive, heureuse de savoir que le petit a de bonnes notes mais.... est ce que je peux dire que "ça a été" ?
     
    je reste silencieuse....
     
    il se rapproche de moi, et me fait signe de m'arrêter.
     
    il murmure " tu lui as dit au revoir? "
     
    je n'ai pas envie de l'entendre.... je n'ai pas envie d'entendre ça.... pourtant, je crois bien que c'est ce que je viens de faire.... mais.... non.... je ne lui ai pas dit.... je n'ai rien dit du tout....  
     
    les larmes me montent aux yeux.... je fais oui avec la tête....  
    même si je crève d'envie de répondre "non".
     
    il me fixe toujours, s'attendant sûrement à ce que j'ai eu le courage de poser "les" questions....
    mais.... je ne l'ai pas eu, Monsieur....  
    je m'impatiente, mon cœur bat trop vite, mais ce n'est plus de joie.... il m'énerve, à me scruter.... je suis sûre qu'il me juge.... il n'a pas le droit de me juger.... il n'a pas le droit.
     
    je fixe mon regard dans le sien.... "bon, on y va?"
     
    il hésite un instant.... "oui, on y va nina...."
     
    le trajet en voiture est vite fait, il n'y a personne sur la route.... il caresse ma cuisse, remontant toujours un peu plus haut.... mais.... j'y arrive pas.... je voudrais être un petit peu toute seule.... comment lui dire, pour qu'il comprenne?
     
    à peine arrivés, je me dépêche de ranger mes affaires, et de quitter notre chambre. il me sourit.... bien sur qu'il en a envie, c'est normal...
     
    je sais ce que je vais faire. je vais prendre une bonne douche, et après, j'aurai envie aussi, j'en suis sûre....
     
    je lui fais signe d'être patient.... il hoche la tête.... c'est vraiment un Prince, mon Maître....
     
    je laisse l'eau tiède couler longtemps sur ma peau nue.... comme pour effacer les jours qui viennent de passer.... ou.... juste comme pour n'en garder que le meilleur...
     
    je fixe mon reflet dans la glace... ce regard.... je détourne les yeux.... je n'ai pas envie de le voir.... je démêle mes cheveux, et les laisse onduler dans mon dos.... je tends mes doigts vers ma nuisette.... mais.... non....
     
    je souris à nouveau.... les sensations sont en train de renaître dans mon ventre.... toute cette féminité.... cette félinité qu'il a créé en moi....
    je me souviens de la petite coupe courte que j'avais en arrivant ici.... et de ma salopette en jean.... et .... des réflexions moqueuses de mon tonton.... "nina , c'est not' p'tit garçon manqué préféré! "
     
    je fixe à nouveau mon reflet.... et je me souris....  
     
    la porte, derrière moi, s'entrouvre.... il s'impatiente.... et moi j'ai envie de lui.... envie de plus en plus de seconde en seconde....
     
    je me dirige, nue, vers l'entrebâillement de la porte... et, le regard baissé, je m'agenoue aux pieds de mon Maître, et croise mes doigts derrière ma nuque, pour lui offrir chaque parcelle de ma peau, comme il me l'a appris...
     
    je me sens totalement offerte.... à Lui... et plus libre que jamais....  
     
    sans rien dire, je saisis sa braguette entre mes dents mais....  
     
    ses doigts se glissent dans mes cheveux, et secouent violemment mon visage.... "qui t'a dit de faire ça, nina?"
     
    son ton me rend folle de désir.... il secoue plus fort mon visage " réponds moi ! "
     
    je reste silencieuse.... j'ai envie de faire monter la pression d'un cran.... j'ai envie qu'il soit mon Maître... plus durement.... plus véritablement que jamais.... qu'il me fasse sienne plus fort encore que d'habitude....
     
    la première gifle tombe.... c'est si dur de lui résister.... tout mon corps oscille entre la crainte de le décevoir et le besoin qu'il me fasse mal....
     
    je murmure " personne Monsieur."
     
    "alors pourquoi tu fais ça?"
     
    je relève un regard prudent vers lui.... "parce que je suis plus chienne que soumise, Monsieur...."
     
    il a l'air surpris.... il n'a pas l'habitude.... pourtant, c'est vraiment ce que je ressens.... j'ai besoin qu'il me fasse mal.... besoin qu'il me donne du plaisir.... tellement besoin....
     
    j'ai peur qu'il soit déçu.... je rajoute " mais je compte sur vous pour me rappeler que je suis votre, avant tout."
     
    il sourit.... "alors commence par baisser les yeux, petite chienne, et tu paraîtras déjà plus soumise."
     
    son sourire me fait tellement de bien.... la dernière chose que je souhaite, c'est bien de le décevoir....
    je baisse les yeux....  
     
    pourquoi est ce qu'il hésite? je ne comprends pas....
    il passe deux doigts sous mon menton, et il me fixe: "tu es sûr que c'est ce que tu veux, nina?"
     
    je fais oui avec la tête....
     
    il rajoute " ce soir?" il doit avoir peur que ces derniers jours m'aient affaibli.... et il a raison.... je me sens faible.... plus faible et seule que jamais.... mais c'est lui qui va me rendre ma force, Ce soir.
     
    "oui, Monsieur. s'il vous plaît...." je me fais suppliante, craignant qu'il ne change d'avis....
     
    "Bien. " son ton est redevenu celui de mon Maître, et tout mon corps frémit de plaisir....
     
    "lève toi."  
     
    j'obéis et le suis du regard.....
     
    il ouvre la petite porte arrière.... je souris.... il y a si longtemps qu'il ne m'a pas conduite dans notre jardin, pour me punir.
     
    il surprend mon sourire  
     
    "tu souriras moins dans quelques minutes nina."
     
    je déglutis avec peine....  
     
    "allez."
     
    sans rien dire, je passe devant lui, et, de moi même, me place contre le tronc sombre de l'unique arbre de notre jardin, dont l'écorce est zébrée par endroits de mystérieuses ( pour les autres, du moins.....) traces parallèles....  
     
    il glisse mes poignets dans les liens, et tire sur les cordes.... mon corps se soulève, s'égratinant contre l'écorce rugueuse de l'arbre.... premières douleurs.... premiers palpitements de mon clitoris.... et éveil de mes seins....
    étrangement, au lieu de laisser mon corps dans le vide, il glisse sous mes genoux une petite caissette, qui sert en hiver à stocker un peu de bois....
    je me laisse aller sur le plastique de l'objet, ce qui me permet de me détendre....  
     
    "combien de fois est ce que tu m'as reproché de te laisser seule, pour aller travailler, la semaine dernière, nina?"
     
    je réfléchis.... je n'en sais rien....  
    un coup s'abat sur mes fesses.... net.... précis.... je gémis....
    "je ne veux pas t'entendre. le seul son que je tolérerai, c'est ta réponse à ma question, c'est clair?"
     
    un autre coup, plus cinglant que le premier, libère ma voix. " oui Monsieur, c'est très clair."
     
    "bien. alors réponds moi maintenant."
     
    je réfléchis.... je ne sais pas combien de fois.... très honnêtement, je ne sais pas.... je sais que chaque fois j'essaie de me faire taire, et que chaque fois, je n'y arrive pas....
     
    je murmure " je ne sais pas Monsieur."
     
    "tu ne sais pas? "
     
    je fais non avec la tête....
     
    "5 fois nina."
    je reste silencieuse.... 5 fois, en une semaine..... pourquoi j'ai fait ça?
     
    "ça t'amuse de vivre avec quelqu'un qui fait le travail que je fais, ça te valorise peut être, c'est ça nina? c'est ça?"
     
    je ne répons pas....
     
    "ça t'amuse, tant que ça ne touche en rien à ton confort; mais dès qu'il faut en payer un petit peu le prix, mademoiselle fait des reproches, mademoiselle se refuse à moi.... hein?"
     
    je reste silencieuse....
     
    un coup sur mes reins me fait crier de surprise.
     
    "réponds moi!"
     
    il a raison.... le pire, c'est qu'il a raison.... je ne sais même pas comment il fait pour me supporter.... je voudrais tellement être une Vraie soumise..... ou au moins être une vraie femme.... au lieu de ça, je suis une Chieuse, dans toute sa splendeur.... la seule chose que je n'avais pas réalisé, c'est que ça l'exaspère à ce point....
     
    "je sais Monsieur.... pardon...."
     
    il reste immobile.... il en attend plus? sûrement.....
     
    " je ne recommencerai pas.... je vous le promets...."  
     
    "oui. sur ce point, on est d'accord nina, tu ne recommenceras pas. ça, j'en suis sûr."
     
     
    "5 fois. 50 coups."
     
    je frémis.... est ce que je vais supporter ça? je n'en suis pas sûre....
     
    " ça te paraît mérité, ou non, nina?"
     
    j'ai peur, d'un seul coup, mon corps se crispe déjà de la douleur à venir.... mais.... pourtant.... oui, c'est mérité.
     
    je murmure " oui Monsieur."
    "je n'ai rien entendu."
     
    j'essaie de débloquer ma voix, qui est restée dans ma gorge, juste derrière un sanglot d'angoisse.
     
    "oui Monsieur, c'est mérité."
     
    "Bien."
     
    j'entends qu'il retire sa ceinture.... passant après passant.... prenant tout son temps.... ça doit bien faire six mois qu'il n'a pas utilisé la ceinture.... il l'utilisait au tout début, pour nos premières séances....
     
    malgré moi, mon corps se tend.... j'ai besoin de cette douleur, qui va venir....
     
    je sens qu'il enroule ses doigts autour de mes chevilles, qui sont reposées souplement sur la caissette, et qu'il les maintient fermement.... je ne comprends pas vraiment pourquoi....
     
    lorsque le premier coup tombe, sur la plante de mes pieds, je pousse un long gémissement de douleur, autant que de surprise.
     
    "je ne veux pas t'entendre nina. chaque fois que tu gémiras, je doublerai le coup qui t'a fait désobéir. compris?"
     
    je fais oui avec la tête, incapable de sortir le moindre mot.... je ne savais pas que le dessous de mes pieds pouvait être aussi sensible.... la douleur semble m'avoir figée ....
     
    j'essaie de compter les coups.... 10, je crois.... et il s'arrête.... il me semble sentir de fines gouttelettes de sang perler sur la peau de mes pieds.... j'ai fermé les yeux, et me suis concentrée, pour n'émettre aucun son.
     
    il passe doucement ses doigts dans mes cheveux.....  
     
    "c'est bien nina. "
     
    il relâche mes chevilles, mes jambes tremblent, me portent à peine..... je me force à respirer....
     
    il se place sur le côté de mon corps, je tends mes fesses..... soulagée de ressentir à nouveau la douleur à laquelle je suis habituée, et qui me fait tellement frémir....
     
    10 coups, réguliers, et non retenus, zèbrent la peau tendre de mes fesses.... je n'ai pas émit un son..... et j'ai terriblement envie de jouir....
     
    il marque un temps d'arrêt.... j'ai tellement envie.... lorsque les coups reprennent, je ne peux m'empêcher de me recroqueviller un peu sur moi même.... il a retourné la ceinture, de sorte que sa boucle meurtrisse sans pitié le haut de mes cuisses....
     
    un claquement de langue désapprobateur, il attend que je reprenne la position.... je me tends à nouveau.... 10 fois la boucle bleuit ma peau, de plus en plus fort....
     
    tout mon corps tremble.....
     
    j'entends la ceinture qui tombe au sol.... les coups suivants me sont administrés du plat de la main.... j'ai l'impression de régresser.... il y a longtemps qu'il ne pas sanctionnée à la main, il sait bien que je suis capable de supporter davantage, maintenant....  
    pourtant, le contact de ses doigts, qui claquent mes fesses tendues est délicieux.... et.... je l'avais presque oublié....
     
    ma tête me tourne de plaisir, j'ai terriblement envie de jouir.... il faut que j'attende sa permission....
     
    lorsque les coups cessent, je m'en aperçois à peine, tellement je me sens bien....
     
    "on en est à combien nina?"
     
    très bonne question.... 40.... ou 50? je n'en sais rien..... est ce que c'est terminé?  
     
    je murmure " je ne sais pas Monsieur "
     
    j'entends qu'il rigole.... répétant, l'air moqueur: "tu ne sais pas?"
     
    j'essaie, à tout hasard: " 50 ? "
     
    "non nina, on n'en est pas à 50."
     
    il me contourne, et prend mon visage entre ses mains.... je fixe mon regard dans le sien....
     
    "j'ai tellement envie de vous, Monsieur...."
     
    il me sourit.... "je sais...."
     
    sans un mot, il me détache.... je me relève mais.... je trébuche.... le contact du sol sous mes pieds est insupportable... ils sont trop douloureux....
     
    à peine au sol, je sens mon Maître qui agrippe ma taille et la tire vers la caissette.... il relève un peu le bas de mon corps... je me laisse faire....
     
    il saisit entre ses doigts la petite badine.... et, d'un petit coup bref sur l'intérieur de ma cuisse, me fait comprendre que les derniers coups sont destinés au centre de mon plaisir....
     
    j'écarte les cuisses.... à chaque coup, la douleur me fait malgré moi resserrer mes jambes, à chaque coup il attend patiemment que les écarte à nouveau, de moi-même, car si la douleur est inacceptable, le besoin que j'en ai l'est aussi....
     
    il retient le dernier coup au dernier moment, à quelques millimètres de mon intimité rouge de douleur....  je lui jette un regard interrogateur....
     
    je vois qu'il ouvre sa braguette, je lui souris.
     
    un geste de la main, et deux mots: "viens là."
     
    je suis déçue.... j'avais tellement envie qu'il me prenne.... l'envie est si présente dans mon ventre....
     
    "dépêche toi nina. c'est bien ce que tu voulais, non?"
     
    je suis bien obligée d'admettre qu'il est contraint de me punir, pour mes gestes de tout à l'heure.... sans rien dire, je prends son sexe dans ma bouche et le suce....  
     
    la conviction n'y est pas.... j'ai trop besoin qu'il me prenne....
    je suis surprise qu'il ne glisse pas ses doigts dans mes cheveux pour me donner le rythme, comme il le fait d'habitude....
     
    je sens bien que je n'arrive pas à lui donner de plaisir, et cela malgré mon application.... le cœur n'y est pas....  
     
    il me repousse doucement.... "et maintenant nina? est ce que tu te sens toujours plus chienne que soumise?"
     
    je lui souris.... non.... bien sûr que non.... il a gagné, comme d'habitude.... je suis à lui, et rien qu'à lui.... je ne suis qu'un jouet entre ses mains, et lui seul peut décider à quel moment il me libérera de ce besoin de lui que j'ai au fond de moi....  
     
    il repousse la cassette, plaque mon dos à l'arbre, et enroule à nouveau les liens autour de mes poignets.... il ne serre même pas....  
     
    c'est bien plus symbolique qu'autre chose.... dès qu'il s'approche, j'enroule en douceur mes jambes autour de sa taille....
     
    lorsque je sens son sexe prendre possession de mon ventre, je ne peux pas empêcher le sanglot que j'ai trop longtemps retenu de s'exprimer.... les larmes d'angoisse , de déception, et surtout d'incompréhension que j'ai tellement retenues s'expriment enfin.... mais sous la forme de joie.... la joie d'être à lui.... le plaisir de recevoir tout ce qu'il peut me donner, et de lui donner tout ce que je peux lui offrir....
     
    Mon Maître est un magicien, puisqu'il est capable de transformer mes larmes de peine en larmes de bonheur....
     
    je voudrais être capable de le remercier pour tout ce qu'il a su me donner.... je voudrais pouvoir lui rendre ne serait-ce que le quart de ce qu'il a pris le temps de m'offrir....
     
    alors qu'il va et vient au creux de mon ventre.... je murmure un merci qu'il entend à peine, mais que je voudrais pouvoir crier au delà des montagnes, au delà des mers, et au delà du passé.....
     
    merci Monsieur de transformer, jour après jour, mes faiblesses en forces, et mes larmes en sourire. Merci.




    votre commentaire
  • ça fait au moins 5 minutes que j'ai mis le plat dans le four, mais pourtant je suis toujours dans la cuisine.... j'ai appuyé mes coudes contre l'évier, et je regarde la rue....
    je connais par cœur chaque détail du béton.... chaque détail du tronc de l'arbre en face de la fenêtre... chaque trace de rouille sur le fer du portillon... une vie de détails.... qui ne bouge plus....
    presque un an.... un an passé dans cette ville.... sans compter les mois où je ne vivais pas encore avec Lui.... est-ce que j'ai déjà passé un an quelque part? je réfléchis, j'essaie de me souvenir de tous les endroits où l'on s'est installés, des années, des durées.... mais.... y'en a trop, et tout se mélange.... la seule chose dont je sois sûre , c'est que je ne suis jamais restée plus d'un an au même endroit....  
    au début..... ça me mettait en colère.... de perdre les "meilleures amies", de devoir se faire à nouveau accepter dans un nouvel endroit, encore et encore.... et puis.... j'ai fini par apprendre à ne plus m'attacher aux gens.... ni aux lieux.... ni à rien.... comme si, dans mon esprit, ma valise était toujours prête....
    j'ai même fini par prendre conscience.... ou.... plutôt par me persuader que tout ça était une chance.... finalement, les gens ne changent pas.... les lieux ne changent pas.... et.... au bout d'un moment, les gens qui ne bougent pas doivent sûrement s'ennuyer.... ils s'attachent les uns aux autres, sûrement .... et.... ils ne sont plus libres. nous, au contraire, on est libres.... ou.... seuls.... j'en sais rien....
    presque un an.... ça commence déjà à me paraître long.... tellement long.... et pourtant, comme "eux", je me suis attachée..... attachée comme un aimant à "Lui".... malgré ce sentiment de plus en plus oppressant qu'il Faut repartir.... non pas parce que j'en ai envie.... mais parce que ça a toujours été comme ça... pour ne pas perdre la "liberté de partir"....
     
     
    "à quoi tu penses ma nina?"
     
    il s'est approché sans bruit, et a glissé ses bras autour de ma taille....
     
    je me retourne entre ses bras....et lui souris....
     
     " à rien...."
     
    il dépose un baiser sur mes lèvres.... et j'oublie tout....
     
    la soirée est douce.... à Son image.... il me fait l'amour, et s'endort, ses bras autour de mon corps.... je dépose un baiser, en silence, contre sa nuque, et reste longtemps à contempler son visage endormi, avant de laisser la chaleur de la nuit m'envelopper....
     
     
    lorsque je me réveille, le soleil est à peine levé.... je suis surprise qu'il ne soit plus à mes côtés, et je sursaute.... une odeur de café a envahi la maison... c'est bon, il n'est pas parti.
     
    je le rejoins et lui souris mais.... mon sourire s'efface en quelques secondes... il porte les vêtements qu'il met pour.... "le travail"....  
     
    je me souviens de la dernière sanction que j'ai reçue , pour lui reprocher toujours de partir, alors que je sais qu'il ne le choisit pas vraiment.... mon corps frémit au souvenir de cette sanction, je crois bien que j'en porte encore les marques....
     
    j'essaie de prendre sur moi, pour faire bonne figure mais...il a déjà surpris ma mine boudeuse....  
     
    je fixe prudemment mon regard dans le sien, il me sourit... je lui rends son sourire.... sérieusement, comment est-ce que je pourrais lui résister, quand il me regarde comme ça???
     
    les dernières minutes passées en sa présence sont toujours les plus courtes... comme si quelqu'un s'amusait à faire tourner le temps plus vite, avant qu'il parte ...
     
    "allez, j'y vais nina."
     
    déjà ! il faut que je sourie.... je me force à lui sourire, j'y mets tout mon cœur... j'espère être crédible....
     
    "ne fais pas cette bouille là, je rentre demain soir! "
     
    je n'étais pas crédible.... mais au moins, je ne dirai rien....  
    il m'embrasse rapidement, je lui murmure de pas rouler vite, et, déjà, la porte se claque....
     
    alors que les minutes avant qu'il parte sont toujours rapides, celles qui suivent son départ me paraissent toujours une éternité.... Même si je sais que ça ne rime à rien, je ne peux pas m'empêcher de penser " et s'il ne revenait pas? " c'est stupide.... il revient toujours.... mais.... chaque fois la boule d'angoisse se forme dans mon ventre.... je m'imagine, traînant ici pendant des mois.... puis finissant par me faire une raison.... tournant la clé dans la serrure.... fermant les volets.... et continuant ma vie sans lui....
     
    je voudrais tellement ne pas ressentir cette angoisse là.... Mais je n'y arrive pas....
     
    alors que je suis perdue dans mes pensées, il me semble entendre le moteur.... non.... j'ai sûrement dû rêver.... pourtant.... les pas.... ça y est, j'ai tellement envie qu'il ne parte pas, que je prends mes rêves pour des réalités....
     
    mais.... pourtant , la porte s'ouvre....
     
    l'angoisse s'enfuit... je lui lance en riant "tiens.... les deux jours sont passés vite! tu m'as manqué!"
     
    il sourit.... plus sérieusement, je lui demande " tu as oublié quelque chose?"
     
    "oui nina. toi."
     
    je le fixe sans comprendre....
     
    "tu travailles demain ?"
     
    je réfléchis un instant....oui.... normalement oui. mais je ne serai sûrement pas la première, ni la dernière, à faire faux bond au dernier moment, et la boîte tournera toujours....
     
    je fais non avec la tête....
     
    "viens avec moi."
     
    ma joie va exploser.... je n'ai même pas d'affaires prêtes.... rien.... mais.... sortir de cette ville !!!!!! waow !!!! je crois que je viens juste de prendre la mesure d'à quel point je commençais à ne plus en pouvoir.... et surtout.... pour une fois, je vais percer le mystère de ces moments où il part, sans moi....  
    je sais bien que parfois, il voit d'autres femmes.... tant pis.... je ne veux même pas y penser.... cette fois-ci, il m'emmène, et c'est tout ce qui compte pour moi !
     
     
    dans la voiture, je pose mon visage sur sa cuisse, et je contemple les nuages qui défilent au dessus de son bras.... j'ai envie de chanter et de danser.... chaque kilomètres qui m'éloigne du quotidien me redonne de l'énergie et.... de l'air !
     
    "on va où?"
     
    "à Marseille."
     
    j'ai tellement envie de tout savoir....
     
    "tu dors où quand tu vas à Marseille ? à l'hôtel ? "
     
    "non. chez mon fils."
     
    mon souffle se coupe.... j'oublie tellement d'y penser, des fois....
     
    j'ai un peu peur.... " mais.... il est là? "
     
    "non. il est pas là la semaine. t'arrêtes de poser des questions nina ?  je vais déjà regretter de t'emmener."
     
    je mords doucement ma lèvre inférieure, pour me faire taire....  
     
    les quarts d'heure passent, la route est à la fois longue et courte.... parfois, je ferme les yeux, et me laisse envelopper par le ronronnement du moteur.... j'adore cette voiture! je sais pas pourquoi....
     
    "j'espère que tu vas pas trop t'ennuyer. j'aurai pas de temps à t'accorder la journée."
     
    j'hausse les épaules. "c'est pas grave...." et, en moi-même, je pense : je répèterai en boucle la nuit dans ma tête, pour faire passer la journée plus vite.
     
    le quartier où l'on arrive paraît être une vraie "cité dortoir", on dirait même une "ville dortoir", non, une "mégalopole dortoir": des immeubles, des immeubles, et encore des immeubles.... des carrés, des longs, des clairs des sombres....
     
    je ne connaissais pas Marseille comme ça.... il se gare au pied d'un petit immeuble...il me fait penser aux immeubles dans les films américains, avec les escaliers à l'extérieur, et le héros de l'histoire qui rentre par la porte d'entrée, et s'enfuit par l'escalier, qui fait un vacarme d'enfer....
     
    l'appartement est au 4ème étage.... la cage d'escalier sent la cuisine.... lorsqu'il ouvre la porte, la curiosité m'envahit.... mes yeux se portent rapidement sur les photos.... il y en a une qui me marque la plus.... c'est mon Maître, avec un jeune homme à ses côtés, devant la mer....  
    je saisis le cadre entre mes doigts.....
     
    "c'est lui ton Fils?"
     
    Il a l'air agacé.  
     
    "oui. pose ça. "
     
    je repose à regret la photo, et la fixe du coin de l'œil.... qu'est ce qu'il lui ressemble....
     
    mon Maître regarde sa montre " ça va. je suis pas en retard. tu veux manger quelque chose?"
     
    je fais non avec la tête....
     
    "tu m'énerves à jamais rien manger nina."
     
    pourquoi il a l'air énervé, comme ça.... je sens que c'est le genre de journées, où, si je disais un mot de travers, il deviendrait mon Maître avant que j'ai eu le temps de dire Ouf....
     
    je parcours l'appartement du regard.... tout est rangé, à sa place.... je ne sais pas vraiment où me mettre... je me sens comme " en trop " ici....
     
    je n'ai pas réalisé tout de suite qu'il me regardait.... lorsque je croise son regard, je comprends bien que quelque chose lui trotte dans la tête....
     
    "j'aimerais que tu sois mienne ce soir nina."
     
    je lui souris, et fais oui avec la tête.... oui. bien sûr. tout ce qu'il veut....
     
    il a l'air de ne pas savoir comment tourner ce qu'il veut me dire.... il est craquant, quand il est comme ça....
     
    "il y a une soirée. dans un club....."
     
    je frémis.... je baisse les yeux.... il fallait bien que je me doute qu'un jour ça arriverait.... les séances avec Patrick n'étaient sûrement qu'un début.... mais....
     
    je murmure " je ne suis pas sûre d'être prête...." et je rajoute, pour qu'il comprenne bien que cela ne change rien à ce que je ressens: " ....Monsieur. "
     
    il s'approche de moi, et prend mon visage dans ses doigts: "moi je crois que tu es prête."
     
    je n'ose plus répondre.... j'ai toujours tellement désiré qu'il soit fier de moi.... et.... je dois bien avouer que tout ce que j'ai refusé à premier abord, et qu'il a fini par m'imposer..... j'ai été reconnaissante envers lui de me l'avoir fait vivre, après coup....
     
     
    devant mon silence, il comprend ce que je ressens, je pense.
     
    son ton change.... il ne laisse plus place au refus....
     
    " je veux que tu aies mangé quelque chose avant que je rentre, je veux que tu sois rasée impeccablement, je veux que tu aies pris le temps de te faire un lavement, je veux que tu laisses tes cheveux détachés, je veux que tu sois aussi bonne soumise ce soir que tu l'es dans la vie quotidienne, et..... je veux que tu portes ma marque sur ta peau."
     
    chaque mot est entré en moi comme plus présent que le précédent.... son ton me rend dingue de désir.... désir de lui....
     
    ma voix se fait sienne: "oui Monsieur."
     
    il passe une main dans mes cheveux.... "c'est bien nina. ça va aller.... tu sais comme je suis fier de t'avoir?"
     
    je ne réponds pas.... le bonheur d'entendre sa voix.... ses mots surtout.... m'empêche de parler....  
     
    il se dirige vers la porte.... avant de la refermer.... " je te marquerai ce soir, avant de partir." et la porte se referme....
     
    je recommence à respirer.... j'avais oublié.... je prends la mesure de ce que je viens d'accepter...  
     
    je tourne longtemps dans l'appartement.... je ne m'y sens pas à l'aise.... et si mon odeur restait? et si son fils savait? j'aimerais déjà être ce soir, rien que pour quitter cet endroit....
     
    les heures s'égrainent.... à quel heure il va rentrer?  
     
    comme un automate, je me dirige vers la salle de bain, je me déshabille, et fais ce qu'il m'a ordonné.... au début, ça me faisait peur.... mais aujourd'hui c'est pour moi un acte d'hygiène comme un autre, et il m'arrive de le faire sans qu'il ne me l'ordonne, simplement parce que je sais qu'il aime que je sois toujours pure.... autant dans mes sentiments que dans mon corps....
     
     
    j'ouvre le frigo, est ce que je peux me servir? je n'aime pas être ici.... d'un autre côté, je n'ai pas le choix.... il m'a dit de manger.... je décide de prendre une pomme, il y en a plusieurs, c'est encore ce qui passera le plus inaperçu... je n'ai pas envie de laisser de trace de moi ici....
     
    j'essaie de croquer dedans mais.... les photos se rappellent à moi.... il faut que je sorte d'ici.... j'espère qu'il n'a pas fermé à clef....
     
    je pose la main sur la poignée, la porte s'ouvre.... ouf.... je commençais à manquer d'air, je ne sais pas pourquoi.... je vais rester à l'étage, au cas où.... je n'ai pas la clef pour refermer à clef derrière moi....
     
    le couloir est propre, et sent les produits ménagers, odeur mêlée à celle de la cuisine...
    je m'assois contre la grille de la cage d'escalier.... il n'y a vraiment personne ici.... on dirait un immeuble fantôme.... je croque enfin dans la pomme....  
     
    le temps me paraît long.... je n'ai pas eu le courage de retourner dans l'appartement.... j'ai passé mes jambes entre les grilles du haut de l'escalier, j'ai posé mon visage contre les barreaux, et je l'attends.... mon regard se perd dans le vide au dessous de moi....
     
    personne ne passe.... aucune porte ne claque.... j'ai hâte, vraiment hâte qu'il rentre.... je pense à cette soirée.... des dizaines d'images me viennent en tête.... l'attente est insupportable....
    l'angoisse monte....  
     
    " je veux que tu portes ma marque sur ta peau"..... avec quoi est-ce qu'il va me marquer?  
     
    qui seront ces gens.... pourvu que ça ne soient pas des fous .... pourvu qu'ils ne me fassent pas de mal... d'un autre côté.... vus de l'extérieur.... mon Maître et moi aussi on doit passer pour des fous....
     
    de nombreux "clichés" me viennent en tête.... je n'ai pas envie de tout ça.... je veux vivre mon fantasme dans l'intimité, avec mon Maître, et seulement lui.... un sanglot se forme dans ma gorge.... il est vraiment temps qu'il arrive.... je suis en train de perdre absolument tout mon courage, de minute en minute, et s'il ne se dépêche pas, quand il reviendra je n'en aurai plus du tout....
     
    une porte a claqué.... je sursaute.... des pas montent l'escalier.... c'est lui.... j'en suis sûre....  
    je défais mes jambes des grilles, et me relève.... il a l'air surpris que je ne sois pas dans l'appartement....
     
    "tu m'as entendu monter?"
     
    "oui."
     
    je n'ose pas lui dire que j'ai passé l'après-midi de l'autre côté de la porte de l'appartement, il ne comprendrait pas....
     
    il me pousse doucement à l'intérieur.... il pose ses affaires, et me regarde....
     
    "déshabille toi."
     
    l'ordre est brutal, je ne m'attendais pas à ce que ça aille si vite....
     
    je retire mes vêtements.... je remarque la badine entre ses doigts.... j'aurais dû m'en douter.... c'est encore ce qui marque le mieux, et le plus précisément....
     
    " entoure tes chevilles avec tes mains."
     
    je me place devant lui, les jambes tendues.... et je baisse le haut de mon corps... il sait que c'est la position que j'ai le plus de mal à tenir, surtout si c'est la badine qui danse sur ma peau....
     
    "écarte plus les jambes" un petit coup sur l'intérieur de ma cuisse, et je m'exécute....
    "c'est bien nina. tu connais la règle: je ne veux pas t'entendre."
     
    "oui Monsieur."
     
    le premier coup tombe, mesuré, sur mes fesses. je sursaute... il caresse du plat de la main la zébrure qui naît sur ma peau.... comme un artiste en mal d'inspiration....
     
    les autres coups se suivent, plus cinglants, plus rapides.... d'une précision à laquelle je ne suis pas habituée.... très vite, mes efforts pour rester immobile sont inutiles, mes jambes se replient, mes bras tremblent....
     
    et je ne peux m'empêcher de couper ma respiration dès que la douleur arrive, ce qui provoque entre mes lèvres de faibles gémissements, à chaque coup....
     
    il s'arrête un instant.... pour me laisser le temps de reprendre ma respiration, et .... surtout de reprendre la position....
     
    je m'exécute, et je ferme les yeux pour essayer d'atténuer la douleur.... les derniers coups sont insupportables.... j'ai l'impression que le haut de mes cuisses, le bas de mes reins, et la chair de mes fesses sont en sang, tant la douleur fait tourner ma tête....
     
    lorsque les coups cessent, je m'en rends à peine compte, la douleur a anesthésié mon esprit....
     
    "c'est bien nina. maintenant relève toi, et place tes mains derrière ta nuque. c'est bien.... oui... comme ça...."
     
    je ne suis plus qu'un automate entre ses doigts....
     
    je réalise que la badine s'est brisée sur mon corps, il essaie de la réparer, mais un claquement de langue, et je comprends qu'il n'y arrive pas....
     
    moi, je reste immobile, mes seins sont offerts à la morsure à venir.... je me concentre pour rassembler tout mon courage et ma volonté....
     
    il se servira donc de notre "badine naturelle", comme on l'a appelée, une simple tige de bois, à la limite entre la rigidité et la souplesse, plus fine que la badine traditionnelle.
     
    il la teste sur mon ventre, en mesure les possibilités.... il augmente l'intensité des coups, je reste parfaitement immobile et silencieuse.... je suis si tentée de baisser les yeux, pour regarder le résultat, sur ma peau, mais je sais que je n'ai pas le droit....
     
    je sens qu'il a envie de frapper plus fort, et plus longtemps mais.... il est partagé entre l'envie de se laisser aller sur la peau tendue de mon ventre, et l'envie de "créer une marque harmonieuse"....
    à regret, il s'arrête.... lorsque le premier coup tombe sur mes seins, je ne peux pas m'empêcher de les protéger avec mes doigts.... ça a été un réflexe, qui, je le sais, ne sera pas sans conséquence.... la gifle à laquelle je m'attendais tombe sur ma joue....
     
    je reprends la position.
    je murmure " pardon Monsieur."  
    "tais toi."
     
    il prend son temps, frappe régulièrement.... je sens que le résultat lui plaît.... moi, j'arrive à bout de forces, mes seins sont très sensibles....
     
    il tourne autour de moi, pour admirer son oeuvre.... je me sens si fière d'avoir supporté tout ça....
     
    je sais qu'il a envie de continuer, d'autant qu'il sent que je suis capable d'en supporter davantage encore....
     
    il s'assoit, et me regarde.
     
    "viens là. juste pour le plaisir."
     
    je lui souris.... je m'allonge en travers de ses genoux.... les derniers coups sont pour mes fesses.... je les tends, presque insolemment.... je sais que si je le provoque, il frappera plus durement, et je commence à être suffisamment excitée pour en avoir envie....
     
    il pose la badine... et frappe à la main.... je ferme les yeux de plaisir....  
     
    il cesse plus vite que je ne l'aurais crû....
     
    "c'est l'heure d'y aller."
     
    je sursaute.... j'avais presque oublié.... j'aurais préféré que ça s'arrête là.... je suis bien avec mon Maître....  
     
    il essuie les gouttelettes de sang qui perlent sur ma peau avec un coton .... je gémis doucement....  
     
    il m'aide à me préparer, il parle très peu.... j'aurais besoin qu'il me parle.... j'aurais besoin qu'il me rassure.... mais son silence est peut être sa façon à lui de me rassurer.... car si j'entrouvre les lèvres pour lui répondre, il sait que je dirai " j'ai peur."  
     
    lorsqu'il me pousse doucement à l'extérieur de l'appartement, le fin tissu de mes vêtements me rappelle que je suis à lui.... les marques sont là.... comme des preuves....
     
    mais.... elles sont surtout dans mon esprit.... gravées non pas comme de fines zébrures rougies, mais comme autant de souvenirs partagés.... comme un long chemin parcouru à deux dans une direction que l'on a décidée ensemble....
     
    ça ira.... je suis sûre que ça ira.... et.... surtout.... je donnerai le meilleur de moi-même pour qu'il soit fier de moi, et pour serrer plus fort les liens de confiance qui me retiennent à lui.... pour avoir, tout simplement.... la "liberté de rester."  


    lorsque je descends de la voiture, mes jambes tremblent sous moi.... fatigue du traitement reçu? peut être..... mais anxiété, surtout, je crois....
     
    la porte est discrète.... un homme nous ouvre.... je garde le regard baissé.... mon Maître ne m'a rien dit du comportement à tenir....
     
    il y a une grande salle, mon Maître me pousse doucement devant lui et je la traverse.... elle est vide.... tout au bout, un rideau.... et.... une sorte de petit salon.... avec un espace dans le fond qui semble être une scène.... il n'y a personne....
     
    mon cœur bat trop vite, j'ai envie de me serrer contre lui....
     
    sans dire un mot, mon Maître me pousse doucement devant lui, et me fait face....  
    il reste quelques secondes à me regarder, j'essaie de m'empêcher de trembler....  
    ses doigts se promènent sur mes épaules, et, en quelques secondes, les fines bretelles de ma robe se délient et le tissu glisse le long de mon corps, et tombe à mes pieds....
     
    nue devant lui, je frémis....  
    il passe ses doigts sur les traces qu'il a créé sur ma peau.... je lui souris....
     
    je murmure.... " j'ai peur Monsieur...."
     
    il caresse ma nuque....  
     
    " est-ce que tu sais le moment où je t'ai désirée pour la première fois nina ? "
     
    je relève les yeux vers les siens....
     
    "oui Monsieur. c'était sur les bords de "notre" lac.... quand je me suis offerte à vous, pour la première fois...."
     
    il secoue la tête.....
     
    "non nine. c'était pas cette nuit là. c'était avant."
     
    je lui jette un regard interrogateur.... quand alors?
     
    " tu te souviens de la nuit des titans nine ?"
     
    je fais oui avec la tête.... oui.... bien sûr que je me souviens....
     
    c'était la période où l'on passait beaucoup de temps chez les forains.... ils étaient de la famille, ça arrangeait tout le monde qu'on  reste un peu avec eux, et surtout j'aurais été n'importe où le soir en rentrant plutôt que de rester à la maison....

    je vendais les jetons, pour les attractions, et..... je faisais des bêtises, avec ma cousine, Julie. j'étais censée ne pas rester avec Julie. Mon père et mon tonton s'étaient pour une fois bien entendus pour dire qu'elle avait " mauvaise influence " sur moi....
    Julie avait 24 ans.... elle était..... tout ce que je n'étais pas.... libérée, indépendante, audacieuse, provocante....  
    et.... que fait obligatoirement une jeune fille de 18 ans à laquelle sa famille interdit de faire quelque chose???? elle le fait! forcément !  
    de fait, Julie et moi étions devenues absolument inséparables en quelques semaines.  
    Quand on vit sur la route, on est capables de s'attacher Terriblement vite les uns aux autres, et de se détacher tout aussi vite.
     
    au milieu de la nuit, quand les gens commençaient à repartir, et que les manèges tournaient à moitié à vide, Julie montait sur le "podium", comme elle l'avait appelé, et elle dansait....
    ça faisait rester les traînards, et marcher les affaires.... moi, je restais à rire avec mes cousins, je vérifiais ma caisse, je surveillais les petits.... mais..... surtout, je regardais Julie.... elle utilisait souvent la même chorégraphie....  
     
    un soir, elle m'a proposé de danser avec elle, pour le reste de la tournée....  
    j'ai hésité plusieurs jours mais.... elle savait y faire Julie et surtout, j'étais fière d'avoir la possibilité d'être un peu à sa hauteur.... et aussi , j'imaginais la tête de mon père , s'il savait.... c'est dingue ce que ça pouvait faire du bien de désobéir, un petit peu.....  
    rajoute à cela les cousins, qui me tarabustaient tous les soirs pour que je rejoigne Julie....
     
    le premier soir, mon cœur battait la chamade.... et puis.... Julie m'a appris à bouger, c'était pas si compliqué en fait.... et.... surtout à prendre confiance en moi.... au premier rang, les cousins m'adressaient des clins d'œil coquins, et, de soir en soir, j'ai de plus en plus appris à m'amuser de ces quelques minutes, tous les soirs, passées à danser sous l'œil  des passants.... les beaux jours aidant, les petites jupes ont fait leur apparition autour de ma taille.... sous l'œil grognon de ma famille.... et l'œil.... bienveillant de celui qui n'allait pas tarder à devenir mon Maître.... je n'imaginais pas encore, à ce moment là....
     
    c'est si éphémère le monde des forains, pas le temps d'avoir honte ou de complexer que, déjà, on a démonté et remonté les machines, et l'on est passé dans le village d'à côté....  
     
    un soir.... c'était l'un des derniers soirs que je passais avec Julie et sa famille.... Ils m'avaient bien proposé de continuer encore la tournée avec eux mais..... je ne voulais pas trop m'éloigner de Raphaël.... j'ai prétexté que je ne voulais pas quitter ma famille mais.... en réalité c'était à lui que je commençais déjà à m'attacher, sans vraiment me l'expliquer....
     
    Julie et moi, on s'était juré que, pour la dernière fois où l'on allait danser ensemble, on allait être "sensas' ", comme elle disait....
    on a passé pas mal de temps à deux à se coiffer, se maquiller, on riait comme des gamines, et la caravane semblait ne pas vouloir tenir en place sur ses roues tellement on chahutait...
     
    J'ai regardé une dernière fois le CountDown , un des manèges pour lesquels je vendais les jetons, se lancer, presque à vide....
     
    et on a dansé à deux pour la dernière fois.... J'avais suffisamment pris confiance en moi pour être tout à fait à l'aise, et on a ri comme à chaque fois... il n'y avait presque plus personne , notre "public" se compensait majoritairement des gosses des forains .... ce village était vraiment tout perdu au milieu de pas grand chose....
     
    au moment où on allait se changer, pour aider les autres à démonter, on a entendu une voix, une voix d'homme, nous interpeller....
     
    " é! les filles ! ça vous dit de vous faire pas mal d'argent pour pas grand chose ?"
     
    Julie a cru que c'était un obsédé, et elle a tourné les talons....
     
    je suis restée, et lui ai demandé: " peut être. en faisant quoi?"
     
    c'est là qu'il m'a parlé de la nuit des titans.... une soirée consacrée aux combats de boxe, apparemment .... et qui allait avoir lieu le surlendemain...  
     
    il cherchait deux jeunes femmes, de type espagnol, pour danser pendant les deux entractes, et il était prêt à nous lâcher 100 euros à chacune, simplement pour danser, pendant deux fois 4 minutes....
     
    j'ai rapidement rattrapé Julie, qui m'en voulait de pas l'avoir suivi, mais.... qui finalement était aussi tentée que moi d'accepter.
     
    l'homme nous a donné l'adresse, et le nom des deux chansons sur lesquelles on devrait danser...
    "Showbiz" de Matt Pokora, et "Whenever, Wherever" , de Shakira.
     
    quand il est parti, on était un peu incrédules.... mais... on allait bien voir....  
     
    au petit matin, j'étais passée, comme je commençais à en avoir pris l'habitude quand je rentrais chez moi, dire bonjour à Raphaël.... il avait une mine endormie... comme souvent, on avait parlé longtemps, de tout et de rien.... je lui avais parlé de "la nuit des titans", et il avait ri.... me souhaitant bonne chance...
     
    quand on était arrivées à la salle, Julie était surexcitée, elle avait un tout petit trop bu, je crois...
     moi, je n'en menais pas large....  
     
    et j'en ai mené encore moins large quand j'ai vu les petits shortis, et les petites brassières que l'on devait porter pour les danses.... j'ai failli me dégonfler.... j'ai dit à Julie " j'me sens pas finalement tu sais...."
     
    Julie m'a redonné confiance, et.... elle m'a donné un cachet.... "tiens, glisse ça sous ta langue, tu verras, ça donne des ailes...."  
     
    L'homme qui nous avaient repérées est passé.... il avait l'air stressé à mort, comme si c'était un chef d'orchestre alors que.... c'était juste de la boxe....  
    "je compte sur vous hein les filles! donnez le maximum ! toute votre hargne, toute votre haine, dansez comme si vous combattiez! "....  
    il a dû voir, à mon expression, que j'étais plus que sceptique, et moins motivée que jamais....
     
    il m'a souri, et m'a dit: "pour te donner du courage, pense à la personne que tu aimes le moins sur cette terre, imagine que tu l'as là, en face de toi, et que tu peux la défier en dansant.... t'imagines? c'est cette attitude là que je veux sur le ring. faîtes moi chauffer l'ambiance les filles."
     
    mon esprit a trouvé en un quart de seconde.... la bonne femme de la DASS.... Marie-Jeanne, comme on l'appelait, parce qu'on a jamais su son prénom, mais qu'elle avait une tête à s'appeler Marie-Jeanne.... oui.... sans aucun doute, c'était cette vieille teigne sans cerveau que je détestais le plus....  
     
    à peine au milieu du ring.... je pense que ça doit être grâce au cachet que m'avait donné Julie.... je n'ai plus eu peur.... j'ai retrouvé le p'tit esprit malicieux, comme heureux d'être libre, qui s'installait en moi chaque soir où on avait dansé ensemble, Julie et moi....  
     
    Contrairement à ce qu'avait dit l'homme.... on n'a pas trouvé assez de hargne en nous, Julie et moi, pour combattre quoique ce soit.... du moins pour ma part.... j'ai simplement trouvé en moi de la féminité.... une féminité que je ne connaissais pas.... qui naissait du simple fait d'oser montrer mon corps, pour les premières fois.... d'oser être ailleurs que dissimulée dans mon petit coin.... et.... j'ai aimé ça.  
     
    Simplement.... je pensais que seuls des étrangers étaient dans les gradins, au dessus de nous....

     
     
    "J'étais là. "
     
    mes pensées ne font qu'un tour.... mais.... comment? pourquoi? je pense que mon Maître lit toutes ces questions dans mes yeux....
     
    " et j'ai compris ce soir là que tu étais devenue plus pour moi que la gosse des voisins. j'ai compris que je te désirais. plus que tout."
     
    les larmes me viennent doucement aux yeux.... s'il savait.... à quel point moi aussi je le désirais, dès ces moments là.... dès qu'il a parlé pour la première fois.... comme je me languissais de lui, en croyant que jamais je ne serai sienne....
     
    j'entends des pas et des voix, derrière nous.... je ravale rapidement mes larmes.... je suis en train de prendre conscience de la chance que le destin m'a donné, de croiser un jour la route de mon Maître.... de croiser un jour le chemin de Raphaël.... je sais que son prénom restera gravé à jamais en moi.... même si les traces, elles, s'effaceront un jour....
     
    il y a quelques minutes.... avant qu'il ne me dise ça.... j'aurais eu terriblement peur.... et terriblement honte... d'être nue au milieu de cette salle.... alors qu'"ils" approchent....  
    à présent, je m'en moque.... la honte et la peur se sont enfuis....
     
    tout ce que je veux, c'est être La soumise qu'il mérite, et ce soir je sais que je donnerai tout pour l'être....
     
    le rideau s'écarte.... ce sont des hommes qui approchent.... trois hommes.... l'un deux semble connaître mon Maître....
     
    "Raphaël !  je t'avais rayé du monde des vivants ! ça fait combien ? deux ans ?"
     
    son regard se porte sur moi.... je vois qu'il détaille les marques sur ma peau.... il a l'air surpris.... je suis surprise aussi.... d'avoir supporté ça....  
     
    " et ça c'est quoi ? .... c'est ta nouvelle soumise ? "
    je me sers un peu contre mon Maître.... je n'aime pas beaucoup le "ça", pour me désigner, ni le "nouvelle", mais je vais essayer de ne pas y donner d'importance....
     
    les autres hommes aussi baissent leur regard sur mon corps....  
     
    "t'es venue nous la présenter? "
     
    "oui. exactement."
     
    mon Maître me pousse doucement devant lui.... je voudrais rester lovée contre lui.... mais....je me force à me tenir droite, et à garder le regard baissé....je Veux qu'il soit fier de moi....
     
    sans plus de préambule, l'homme qui avait l'air de connaître mon Maître avance une main décidée vers mes seins.... il les soupèse, les malaxe sans douceur.... je prends sur moi pour me laisser faire, et rester immobile.... mais.... lorsqu'il pince mon téton droit entre ses ongles, j'ai un mouvement de recul, et je gémis doucement....
     
    l'homme rit.... "elle est mignonne.... mais t'as encore du boulot hein mon vieux!"
     
    mon Maître sourit.... sa voix est calme et posée.... elle me rassure....  
    "non.... c'est un petit ange...."
    il se rapproche derrière moi, plaque mon dos contre lui, et enroule ses bras autour de mon ventre.... sa chaleur me procure un sentiment immédiat de bien-être....  
    tout contre ma nuque, je sens son souffle.... "un petit ange qui va me rendre fier de lui ce soir.... n'est-ce pas nina?"  
    je laisse aller mon visage contre lui.... je murmure "oui Monsieur...."
     
    l'homme sourit.... je ferme les yeux.... et me laisse aller contre le corps de mon Maître....
     
    je sens les doigts qui viennent à nouveau caresser mes seins.... ma respiration s'accélère.... les bras de mon Maître se serrent plus fort autour de mon ventre....
     
    rapidement, il me semble que d'autres doigts ont rejoint les premiers.... des doigts qui descendent.... et qui exhortent mes cuisses à s'écarter.... je résiste un instant.... pas longtemps.... "laisse toi faire nina." cette voix.... je ne peux pas résister.... c'est impossible....
     
    les bras de mon Maître lâchent ma taille, et viennent se glisser sous mes fesses.... il soulève doucement mes cuisses, les écarte, et me maintient, en apesanteur contre lui, les jambes écartées.... offerte.... j'ai l'impression de ne plus peser davantage que 20 kilos....
     
    je garde les yeux fermés.... un doigt s'est introduit en moi.... puis deux....
    mes seins, à force d'être malaxés, semblent pouvoir être déformés, comme de la pâte à modeler.... pourtant, sans relâche, les doigts pincent, titillent, écrasent, malaxent....
     
    mon Maître semble vouloir me relâcher un peu.... Non.... je viens de comprendre.... s'il a descendu un peu mon corps, c'est simplement pour que je sente sous mes fesses son sexe....  
     
    d'un seul coup, mon intimité s'humidifie.... c'est de le sentir si excité.... j'ai terriblement envie de gémir....  
    "laisse toi aller nine.... laisse toi aller...."
     
    je soupire.... le premier gémissement est dur à venir.... il vient, pourtant.... et, toujours, les doigts se succèdent dans mon intimité.... et, de seconde en seconde, le sexe de mon Maître semble grossir sous mes fesses.... des larmes de plaisir s'échappent timidement sur mon visage....
     
    j'ai envie de Raphaël comme jamais.... à en mourir d'envie.... malgré moi, je fais aller et venir le bas de mes reins contre son sexe..... j'entends des pas.... comme si l'un des hommes s'éloignait.... oui.... c'est vrai.... il y a moins de doigts à présent qui jouent avec mon corps, comme si je n'étais pas là....
     
    lorsque je sens mon Maître qui me repose à terre, j'entrouvre les yeux.... j'ai tellement honte.... car.... j'ai envie que ça continue.... j'ai envie qu'il m'offre encore.... sans un mot, il pose un bandeau sur mes yeux.... tant mieux.... je sens qu'il lie mes poignets, et , avec l'aide de l'homme qui semblait le connaître, à son arrivée, il hisse mon corps offert, qui s'étend dans le vide, sous la pression des liens....très vite, mes pieds ne touchent plus terre....
     
    j'entends que l'homme qui est resté, et mon Maître, échangent quelques mots.... dont je ne comprends pas la signification.... peu m'importe.... j'ai confiance....
     
    quelque chose de doux.... presque cruellement doux... vient de se promener sur mon ventre.... on dirait.... une plume.... la plume descend.... je sens une présence que je connais se glisser derrière moi, ses mains se posent sur mes seins qu'il enserre, comme pour les protéger, son visage s'appuie dans le creux de mes reins, et mon Maître reste immobile contre moi....
     
    la plume continue sa descente, et arrive sur mon bouton de plaisir.... je gémis.... d'envie.... de plaisir.... j'ai l'impression de ne plus rien être d'autre qu'envie....
     
    la plume est juste assez présente pour faire se décupler mon envie mais.... pas assez pour la satisfaire.... je gémis, comme pour en demander plus.... un "plus" qui ne vient pas....
     
    je commence à me tortiller, à la recherche du plaisir....
     
    "non nina. ne bouge pas." la voix est calme.... pitié Monsieur.... je n'en peux plus....
     
    je sens mon intimité ruisseler le long de mes cuisses.... j'ai tellement honte.... pourtant.... je n'arrive pas à me retenir.... le supplice est en train de gagner sur ma volonté.... je voudrais tellement que mon Maître me prenne, qu'il fasse taire cette brûlante envie dans mon ventre....
     
    chaque fois que je m'arque, sentant le plaisir prêt à exploser, la plume s'évade.... et un gémissement de dépit se fait entendre dans ma gorge....
     
    je murmure "s'il vous plaît Monsieur...."
     
    un silence.... interminable....
     
    "quoi nina? demande moi ce que tu veux."
     
    mon souffle est saccadé par l'envie.... " vous Monsieur. vous."
    ses doigts se détachent enfin de mes seins.... j'entends qu'il me contourne.... j'écarte mes jambes.... et, dès que je sens sa présence contre moi, j'entoure mes cuisses autour de lui.... sans un mot de plus, il s'enfonce en moi....  
    et.... son sexe reste immobile en moi.... comment il peut faire durer le supplice ainsi???? comment???  
     
    soudain, je sens que l'homme est derrière moi.... je viens de comprendre.... ce qu'attend mon Maître.... la peur me prend.... je gémis....
     
    "non ! "
     
    je me débats.... mais je suis coincée....
     
    "non !"  
     
    la panique m'envahit....le safeword.... vite.... le safeword.... je murmure.... " Raphaël.... " les larmes sont en train de m'envahir.....
     
    il a compris.... qu'il va trop loin....  
     
    sans bruit, il caresse mes cheveux.... et murmure, de sorte que je sois sure d'être la seule à l'entendre.... "n'aies pas peur nina. fais moi confiance. pour une fois, fais moi confiance. est ce que je t'ai déjà trahi moi? "  
     
    je sanglote doucement.... "non."
     
    "Non quoi nina? non tu ne veux pas? ou non je ne t'ai jamais trahi?"
     
    les mots sont durs.... à sortir.... à prononcer.... "non tu ne m'as jamais trahie."
     
    il me serre contre lui.... ou je me serre contre lui.... je ne sais plus vraiment.....
    il murmure.... "alors, tu veux ? tu veux bien me faire confiance ?"
     
    les sanglots sont en train de me voler mon air.... je n'arrive plus à respirer.... entre deux souffles, j'articule " oui Monsieur...."
     
    "bien.  c'est bien nina...."
     
    comme s'il n'attendait qu'un geste de mon Maître, l'homme s'enfonce en moi.... je gémis de douleur.... son sexe s'enfonce centimètre par centimètre, comme attendant que je me détende....  
    lorsqu'il est enfin au fond de mes entrailles, mon Maître, lentement, commence un va et vient profond dans mon ventre..... les sexes des deux hommes semblent pouvoir se rencontrer en moi.... je serre fort mes jambes autour de la taille de mon Maître, pour avoir quelque chose à quoi me raccrocher.... pour ne pas perdre pied....
     
    peu à peu, leur rythme se synchronise..... j'ai l'impression de ne plus exister....  
    mais.... très vite, l'homme s'immobilise, et je sens son plaisir m'envahir.... lorsqu'il se retire, je gémis doucement.... la douleur s'évade avec lui....
     
    je love mon visage contre mon Maître.... qui reprend un va et vient.... de plus en plus rapide.... j'oublie tout et je ne suis que plaisir.... plaisir d'être à lui.... de lui avoir offert ça....  
    il se fait violent en moi.... fougueux.... se retire entièrement pour mieux s'enfoncer tout au fond de mon ventre.... j'ai envie de crier mon plaisir....
    lorsque, enfin, son rythme se calme, je reprends mon souffle, et accueille son plaisir dans mon ventre.....  
    il s'immobilise..... et je sens ses doigts se promener sur mes fesses.... longeant les zébrures dessinées par la badine.... par sa main....  
    et je l'imagine.... dans les gradins.... cette nuit là.... regardant mon corps se déhancher sur la musique.... me désirant..... déjà..... sans savoir que je le désirais..... mon Maître.... Raphaël....
    si tu savais tout ce que je te dois..... si tu pouvais seulement imaginer....
    je dessine avec lui, dans mon esprit, les marques qu'il dessine avec ses doigts.... je reste silencieuse..... oui Raphaël.... je suis bien à toi.... inutile de t'en persuader.... je suis à toi.... et je le reste..... car tu m'as offert le plus précieux des cadeaux que l'on ne m'a jamais donné.... tu m'as offert.... la liberté de rester.....  
     
    et..... je crois qu'il m'arrive quelque chose d'étrange.... quelque chose dont je prends conscience au fils des semaines.... des mois..... qui me lie à toi bien plus que les liens, ou que les marques.... Raphaël.... je crois que ..... je T'aime...

     

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique