• la liberté de rester

    ça fait au moins 5 minutes que j'ai mis le plat dans le four, mais pourtant je suis toujours dans la cuisine.... j'ai appuyé mes coudes contre l'évier, et je regarde la rue....
    je connais par cœur chaque détail du béton.... chaque détail du tronc de l'arbre en face de la fenêtre... chaque trace de rouille sur le fer du portillon... une vie de détails.... qui ne bouge plus....
    presque un an.... un an passé dans cette ville.... sans compter les mois où je ne vivais pas encore avec Lui.... est-ce que j'ai déjà passé un an quelque part? je réfléchis, j'essaie de me souvenir de tous les endroits où l'on s'est installés, des années, des durées.... mais.... y'en a trop, et tout se mélange.... la seule chose dont je sois sûre , c'est que je ne suis jamais restée plus d'un an au même endroit....  
    au début..... ça me mettait en colère.... de perdre les "meilleures amies", de devoir se faire à nouveau accepter dans un nouvel endroit, encore et encore.... et puis.... j'ai fini par apprendre à ne plus m'attacher aux gens.... ni aux lieux.... ni à rien.... comme si, dans mon esprit, ma valise était toujours prête....
    j'ai même fini par prendre conscience.... ou.... plutôt par me persuader que tout ça était une chance.... finalement, les gens ne changent pas.... les lieux ne changent pas.... et.... au bout d'un moment, les gens qui ne bougent pas doivent sûrement s'ennuyer.... ils s'attachent les uns aux autres, sûrement .... et.... ils ne sont plus libres. nous, au contraire, on est libres.... ou.... seuls.... j'en sais rien....
    presque un an.... ça commence déjà à me paraître long.... tellement long.... et pourtant, comme "eux", je me suis attachée..... attachée comme un aimant à "Lui".... malgré ce sentiment de plus en plus oppressant qu'il Faut repartir.... non pas parce que j'en ai envie.... mais parce que ça a toujours été comme ça... pour ne pas perdre la "liberté de partir"....
     
     
    "à quoi tu penses ma nina?"
     
    il s'est approché sans bruit, et a glissé ses bras autour de ma taille....
     
    je me retourne entre ses bras....et lui souris....
     
     " à rien...."
     
    il dépose un baiser sur mes lèvres.... et j'oublie tout....
     
    la soirée est douce.... à Son image.... il me fait l'amour, et s'endort, ses bras autour de mon corps.... je dépose un baiser, en silence, contre sa nuque, et reste longtemps à contempler son visage endormi, avant de laisser la chaleur de la nuit m'envelopper....
     
     
    lorsque je me réveille, le soleil est à peine levé.... je suis surprise qu'il ne soit plus à mes côtés, et je sursaute.... une odeur de café a envahi la maison... c'est bon, il n'est pas parti.
     
    je le rejoins et lui souris mais.... mon sourire s'efface en quelques secondes... il porte les vêtements qu'il met pour.... "le travail"....  
     
    je me souviens de la dernière sanction que j'ai reçue , pour lui reprocher toujours de partir, alors que je sais qu'il ne le choisit pas vraiment.... mon corps frémit au souvenir de cette sanction, je crois bien que j'en porte encore les marques....
     
    j'essaie de prendre sur moi, pour faire bonne figure mais...il a déjà surpris ma mine boudeuse....  
     
    je fixe prudemment mon regard dans le sien, il me sourit... je lui rends son sourire.... sérieusement, comment est-ce que je pourrais lui résister, quand il me regarde comme ça???
     
    les dernières minutes passées en sa présence sont toujours les plus courtes... comme si quelqu'un s'amusait à faire tourner le temps plus vite, avant qu'il parte ...
     
    "allez, j'y vais nina."
     
    déjà ! il faut que je sourie.... je me force à lui sourire, j'y mets tout mon cœur... j'espère être crédible....
     
    "ne fais pas cette bouille là, je rentre demain soir! "
     
    je n'étais pas crédible.... mais au moins, je ne dirai rien....  
    il m'embrasse rapidement, je lui murmure de pas rouler vite, et, déjà, la porte se claque....
     
    alors que les minutes avant qu'il parte sont toujours rapides, celles qui suivent son départ me paraissent toujours une éternité.... Même si je sais que ça ne rime à rien, je ne peux pas m'empêcher de penser " et s'il ne revenait pas? " c'est stupide.... il revient toujours.... mais.... chaque fois la boule d'angoisse se forme dans mon ventre.... je m'imagine, traînant ici pendant des mois.... puis finissant par me faire une raison.... tournant la clé dans la serrure.... fermant les volets.... et continuant ma vie sans lui....
     
    je voudrais tellement ne pas ressentir cette angoisse là.... Mais je n'y arrive pas....
     
    alors que je suis perdue dans mes pensées, il me semble entendre le moteur.... non.... j'ai sûrement dû rêver.... pourtant.... les pas.... ça y est, j'ai tellement envie qu'il ne parte pas, que je prends mes rêves pour des réalités....
     
    mais.... pourtant , la porte s'ouvre....
     
    l'angoisse s'enfuit... je lui lance en riant "tiens.... les deux jours sont passés vite! tu m'as manqué!"
     
    il sourit.... plus sérieusement, je lui demande " tu as oublié quelque chose?"
     
    "oui nina. toi."
     
    je le fixe sans comprendre....
     
    "tu travailles demain ?"
     
    je réfléchis un instant....oui.... normalement oui. mais je ne serai sûrement pas la première, ni la dernière, à faire faux bond au dernier moment, et la boîte tournera toujours....
     
    je fais non avec la tête....
     
    "viens avec moi."
     
    ma joie va exploser.... je n'ai même pas d'affaires prêtes.... rien.... mais.... sortir de cette ville !!!!!! waow !!!! je crois que je viens juste de prendre la mesure d'à quel point je commençais à ne plus en pouvoir.... et surtout.... pour une fois, je vais percer le mystère de ces moments où il part, sans moi....  
    je sais bien que parfois, il voit d'autres femmes.... tant pis.... je ne veux même pas y penser.... cette fois-ci, il m'emmène, et c'est tout ce qui compte pour moi !
     
     
    dans la voiture, je pose mon visage sur sa cuisse, et je contemple les nuages qui défilent au dessus de son bras.... j'ai envie de chanter et de danser.... chaque kilomètres qui m'éloigne du quotidien me redonne de l'énergie et.... de l'air !
     
    "on va où?"
     
    "à Marseille."
     
    j'ai tellement envie de tout savoir....
     
    "tu dors où quand tu vas à Marseille ? à l'hôtel ? "
     
    "non. chez mon fils."
     
    mon souffle se coupe.... j'oublie tellement d'y penser, des fois....
     
    j'ai un peu peur.... " mais.... il est là? "
     
    "non. il est pas là la semaine. t'arrêtes de poser des questions nina ?  je vais déjà regretter de t'emmener."
     
    je mords doucement ma lèvre inférieure, pour me faire taire....  
     
    les quarts d'heure passent, la route est à la fois longue et courte.... parfois, je ferme les yeux, et me laisse envelopper par le ronronnement du moteur.... j'adore cette voiture! je sais pas pourquoi....
     
    "j'espère que tu vas pas trop t'ennuyer. j'aurai pas de temps à t'accorder la journée."
     
    j'hausse les épaules. "c'est pas grave...." et, en moi-même, je pense : je répèterai en boucle la nuit dans ma tête, pour faire passer la journée plus vite.
     
    le quartier où l'on arrive paraît être une vraie "cité dortoir", on dirait même une "ville dortoir", non, une "mégalopole dortoir": des immeubles, des immeubles, et encore des immeubles.... des carrés, des longs, des clairs des sombres....
     
    je ne connaissais pas Marseille comme ça.... il se gare au pied d'un petit immeuble...il me fait penser aux immeubles dans les films américains, avec les escaliers à l'extérieur, et le héros de l'histoire qui rentre par la porte d'entrée, et s'enfuit par l'escalier, qui fait un vacarme d'enfer....
     
    l'appartement est au 4ème étage.... la cage d'escalier sent la cuisine.... lorsqu'il ouvre la porte, la curiosité m'envahit.... mes yeux se portent rapidement sur les photos.... il y en a une qui me marque la plus.... c'est mon Maître, avec un jeune homme à ses côtés, devant la mer....  
    je saisis le cadre entre mes doigts.....
     
    "c'est lui ton Fils?"
     
    Il a l'air agacé.  
     
    "oui. pose ça. "
     
    je repose à regret la photo, et la fixe du coin de l'œil.... qu'est ce qu'il lui ressemble....
     
    mon Maître regarde sa montre " ça va. je suis pas en retard. tu veux manger quelque chose?"
     
    je fais non avec la tête....
     
    "tu m'énerves à jamais rien manger nina."
     
    pourquoi il a l'air énervé, comme ça.... je sens que c'est le genre de journées, où, si je disais un mot de travers, il deviendrait mon Maître avant que j'ai eu le temps de dire Ouf....
     
    je parcours l'appartement du regard.... tout est rangé, à sa place.... je ne sais pas vraiment où me mettre... je me sens comme " en trop " ici....
     
    je n'ai pas réalisé tout de suite qu'il me regardait.... lorsque je croise son regard, je comprends bien que quelque chose lui trotte dans la tête....
     
    "j'aimerais que tu sois mienne ce soir nina."
     
    je lui souris, et fais oui avec la tête.... oui. bien sûr. tout ce qu'il veut....
     
    il a l'air de ne pas savoir comment tourner ce qu'il veut me dire.... il est craquant, quand il est comme ça....
     
    "il y a une soirée. dans un club....."
     
    je frémis.... je baisse les yeux.... il fallait bien que je me doute qu'un jour ça arriverait.... les séances avec Patrick n'étaient sûrement qu'un début.... mais....
     
    je murmure " je ne suis pas sûre d'être prête...." et je rajoute, pour qu'il comprenne bien que cela ne change rien à ce que je ressens: " ....Monsieur. "
     
    il s'approche de moi, et prend mon visage dans ses doigts: "moi je crois que tu es prête."
     
    je n'ose plus répondre.... j'ai toujours tellement désiré qu'il soit fier de moi.... et.... je dois bien avouer que tout ce que j'ai refusé à premier abord, et qu'il a fini par m'imposer..... j'ai été reconnaissante envers lui de me l'avoir fait vivre, après coup....
     
     
    devant mon silence, il comprend ce que je ressens, je pense.
     
    son ton change.... il ne laisse plus place au refus....
     
    " je veux que tu aies mangé quelque chose avant que je rentre, je veux que tu sois rasée impeccablement, je veux que tu aies pris le temps de te faire un lavement, je veux que tu laisses tes cheveux détachés, je veux que tu sois aussi bonne soumise ce soir que tu l'es dans la vie quotidienne, et..... je veux que tu portes ma marque sur ta peau."
     
    chaque mot est entré en moi comme plus présent que le précédent.... son ton me rend dingue de désir.... désir de lui....
     
    ma voix se fait sienne: "oui Monsieur."
     
    il passe une main dans mes cheveux.... "c'est bien nina. ça va aller.... tu sais comme je suis fier de t'avoir?"
     
    je ne réponds pas.... le bonheur d'entendre sa voix.... ses mots surtout.... m'empêche de parler....  
     
    il se dirige vers la porte.... avant de la refermer.... " je te marquerai ce soir, avant de partir." et la porte se referme....
     
    je recommence à respirer.... j'avais oublié.... je prends la mesure de ce que je viens d'accepter...  
     
    je tourne longtemps dans l'appartement.... je ne m'y sens pas à l'aise.... et si mon odeur restait? et si son fils savait? j'aimerais déjà être ce soir, rien que pour quitter cet endroit....
     
    les heures s'égrainent.... à quel heure il va rentrer?  
     
    comme un automate, je me dirige vers la salle de bain, je me déshabille, et fais ce qu'il m'a ordonné.... au début, ça me faisait peur.... mais aujourd'hui c'est pour moi un acte d'hygiène comme un autre, et il m'arrive de le faire sans qu'il ne me l'ordonne, simplement parce que je sais qu'il aime que je sois toujours pure.... autant dans mes sentiments que dans mon corps....
     
     
    j'ouvre le frigo, est ce que je peux me servir? je n'aime pas être ici.... d'un autre côté, je n'ai pas le choix.... il m'a dit de manger.... je décide de prendre une pomme, il y en a plusieurs, c'est encore ce qui passera le plus inaperçu... je n'ai pas envie de laisser de trace de moi ici....
     
    j'essaie de croquer dedans mais.... les photos se rappellent à moi.... il faut que je sorte d'ici.... j'espère qu'il n'a pas fermé à clef....
     
    je pose la main sur la poignée, la porte s'ouvre.... ouf.... je commençais à manquer d'air, je ne sais pas pourquoi.... je vais rester à l'étage, au cas où.... je n'ai pas la clef pour refermer à clef derrière moi....
     
    le couloir est propre, et sent les produits ménagers, odeur mêlée à celle de la cuisine...
    je m'assois contre la grille de la cage d'escalier.... il n'y a vraiment personne ici.... on dirait un immeuble fantôme.... je croque enfin dans la pomme....  
     
    le temps me paraît long.... je n'ai pas eu le courage de retourner dans l'appartement.... j'ai passé mes jambes entre les grilles du haut de l'escalier, j'ai posé mon visage contre les barreaux, et je l'attends.... mon regard se perd dans le vide au dessous de moi....
     
    personne ne passe.... aucune porte ne claque.... j'ai hâte, vraiment hâte qu'il rentre.... je pense à cette soirée.... des dizaines d'images me viennent en tête.... l'attente est insupportable....
    l'angoisse monte....  
     
    " je veux que tu portes ma marque sur ta peau"..... avec quoi est-ce qu'il va me marquer?  
     
    qui seront ces gens.... pourvu que ça ne soient pas des fous .... pourvu qu'ils ne me fassent pas de mal... d'un autre côté.... vus de l'extérieur.... mon Maître et moi aussi on doit passer pour des fous....
     
    de nombreux "clichés" me viennent en tête.... je n'ai pas envie de tout ça.... je veux vivre mon fantasme dans l'intimité, avec mon Maître, et seulement lui.... un sanglot se forme dans ma gorge.... il est vraiment temps qu'il arrive.... je suis en train de perdre absolument tout mon courage, de minute en minute, et s'il ne se dépêche pas, quand il reviendra je n'en aurai plus du tout....
     
    une porte a claqué.... je sursaute.... des pas montent l'escalier.... c'est lui.... j'en suis sûre....  
    je défais mes jambes des grilles, et me relève.... il a l'air surpris que je ne sois pas dans l'appartement....
     
    "tu m'as entendu monter?"
     
    "oui."
     
    je n'ose pas lui dire que j'ai passé l'après-midi de l'autre côté de la porte de l'appartement, il ne comprendrait pas....
     
    il me pousse doucement à l'intérieur.... il pose ses affaires, et me regarde....
     
    "déshabille toi."
     
    l'ordre est brutal, je ne m'attendais pas à ce que ça aille si vite....
     
    je retire mes vêtements.... je remarque la badine entre ses doigts.... j'aurais dû m'en douter.... c'est encore ce qui marque le mieux, et le plus précisément....
     
    " entoure tes chevilles avec tes mains."
     
    je me place devant lui, les jambes tendues.... et je baisse le haut de mon corps... il sait que c'est la position que j'ai le plus de mal à tenir, surtout si c'est la badine qui danse sur ma peau....
     
    "écarte plus les jambes" un petit coup sur l'intérieur de ma cuisse, et je m'exécute....
    "c'est bien nina. tu connais la règle: je ne veux pas t'entendre."
     
    "oui Monsieur."
     
    le premier coup tombe, mesuré, sur mes fesses. je sursaute... il caresse du plat de la main la zébrure qui naît sur ma peau.... comme un artiste en mal d'inspiration....
     
    les autres coups se suivent, plus cinglants, plus rapides.... d'une précision à laquelle je ne suis pas habituée.... très vite, mes efforts pour rester immobile sont inutiles, mes jambes se replient, mes bras tremblent....
     
    et je ne peux m'empêcher de couper ma respiration dès que la douleur arrive, ce qui provoque entre mes lèvres de faibles gémissements, à chaque coup....
     
    il s'arrête un instant.... pour me laisser le temps de reprendre ma respiration, et .... surtout de reprendre la position....
     
    je m'exécute, et je ferme les yeux pour essayer d'atténuer la douleur.... les derniers coups sont insupportables.... j'ai l'impression que le haut de mes cuisses, le bas de mes reins, et la chair de mes fesses sont en sang, tant la douleur fait tourner ma tête....
     
    lorsque les coups cessent, je m'en rends à peine compte, la douleur a anesthésié mon esprit....
     
    "c'est bien nina. maintenant relève toi, et place tes mains derrière ta nuque. c'est bien.... oui... comme ça...."
     
    je ne suis plus qu'un automate entre ses doigts....
     
    je réalise que la badine s'est brisée sur mon corps, il essaie de la réparer, mais un claquement de langue, et je comprends qu'il n'y arrive pas....
     
    moi, je reste immobile, mes seins sont offerts à la morsure à venir.... je me concentre pour rassembler tout mon courage et ma volonté....
     
    il se servira donc de notre "badine naturelle", comme on l'a appelée, une simple tige de bois, à la limite entre la rigidité et la souplesse, plus fine que la badine traditionnelle.
     
    il la teste sur mon ventre, en mesure les possibilités.... il augmente l'intensité des coups, je reste parfaitement immobile et silencieuse.... je suis si tentée de baisser les yeux, pour regarder le résultat, sur ma peau, mais je sais que je n'ai pas le droit....
     
    je sens qu'il a envie de frapper plus fort, et plus longtemps mais.... il est partagé entre l'envie de se laisser aller sur la peau tendue de mon ventre, et l'envie de "créer une marque harmonieuse"....
    à regret, il s'arrête.... lorsque le premier coup tombe sur mes seins, je ne peux pas m'empêcher de les protéger avec mes doigts.... ça a été un réflexe, qui, je le sais, ne sera pas sans conséquence.... la gifle à laquelle je m'attendais tombe sur ma joue....
     
    je reprends la position.
    je murmure " pardon Monsieur."  
    "tais toi."
     
    il prend son temps, frappe régulièrement.... je sens que le résultat lui plaît.... moi, j'arrive à bout de forces, mes seins sont très sensibles....
     
    il tourne autour de moi, pour admirer son oeuvre.... je me sens si fière d'avoir supporté tout ça....
     
    je sais qu'il a envie de continuer, d'autant qu'il sent que je suis capable d'en supporter davantage encore....
     
    il s'assoit, et me regarde.
     
    "viens là. juste pour le plaisir."
     
    je lui souris.... je m'allonge en travers de ses genoux.... les derniers coups sont pour mes fesses.... je les tends, presque insolemment.... je sais que si je le provoque, il frappera plus durement, et je commence à être suffisamment excitée pour en avoir envie....
     
    il pose la badine... et frappe à la main.... je ferme les yeux de plaisir....  
     
    il cesse plus vite que je ne l'aurais crû....
     
    "c'est l'heure d'y aller."
     
    je sursaute.... j'avais presque oublié.... j'aurais préféré que ça s'arrête là.... je suis bien avec mon Maître....  
     
    il essuie les gouttelettes de sang qui perlent sur ma peau avec un coton .... je gémis doucement....  
     
    il m'aide à me préparer, il parle très peu.... j'aurais besoin qu'il me parle.... j'aurais besoin qu'il me rassure.... mais son silence est peut être sa façon à lui de me rassurer.... car si j'entrouvre les lèvres pour lui répondre, il sait que je dirai " j'ai peur."  
     
    lorsqu'il me pousse doucement à l'extérieur de l'appartement, le fin tissu de mes vêtements me rappelle que je suis à lui.... les marques sont là.... comme des preuves....
     
    mais.... elles sont surtout dans mon esprit.... gravées non pas comme de fines zébrures rougies, mais comme autant de souvenirs partagés.... comme un long chemin parcouru à deux dans une direction que l'on a décidée ensemble....
     
    ça ira.... je suis sûre que ça ira.... et.... surtout.... je donnerai le meilleur de moi-même pour qu'il soit fier de moi, et pour serrer plus fort les liens de confiance qui me retiennent à lui.... pour avoir, tout simplement.... la "liberté de rester."  


    lorsque je descends de la voiture, mes jambes tremblent sous moi.... fatigue du traitement reçu? peut être..... mais anxiété, surtout, je crois....
     
    la porte est discrète.... un homme nous ouvre.... je garde le regard baissé.... mon Maître ne m'a rien dit du comportement à tenir....
     
    il y a une grande salle, mon Maître me pousse doucement devant lui et je la traverse.... elle est vide.... tout au bout, un rideau.... et.... une sorte de petit salon.... avec un espace dans le fond qui semble être une scène.... il n'y a personne....
     
    mon cœur bat trop vite, j'ai envie de me serrer contre lui....
     
    sans dire un mot, mon Maître me pousse doucement devant lui, et me fait face....  
    il reste quelques secondes à me regarder, j'essaie de m'empêcher de trembler....  
    ses doigts se promènent sur mes épaules, et, en quelques secondes, les fines bretelles de ma robe se délient et le tissu glisse le long de mon corps, et tombe à mes pieds....
     
    nue devant lui, je frémis....  
    il passe ses doigts sur les traces qu'il a créé sur ma peau.... je lui souris....
     
    je murmure.... " j'ai peur Monsieur...."
     
    il caresse ma nuque....  
     
    " est-ce que tu sais le moment où je t'ai désirée pour la première fois nina ? "
     
    je relève les yeux vers les siens....
     
    "oui Monsieur. c'était sur les bords de "notre" lac.... quand je me suis offerte à vous, pour la première fois...."
     
    il secoue la tête.....
     
    "non nine. c'était pas cette nuit là. c'était avant."
     
    je lui jette un regard interrogateur.... quand alors?
     
    " tu te souviens de la nuit des titans nine ?"
     
    je fais oui avec la tête.... oui.... bien sûr que je me souviens....
     
    c'était la période où l'on passait beaucoup de temps chez les forains.... ils étaient de la famille, ça arrangeait tout le monde qu'on  reste un peu avec eux, et surtout j'aurais été n'importe où le soir en rentrant plutôt que de rester à la maison....

    je vendais les jetons, pour les attractions, et..... je faisais des bêtises, avec ma cousine, Julie. j'étais censée ne pas rester avec Julie. Mon père et mon tonton s'étaient pour une fois bien entendus pour dire qu'elle avait " mauvaise influence " sur moi....
    Julie avait 24 ans.... elle était..... tout ce que je n'étais pas.... libérée, indépendante, audacieuse, provocante....  
    et.... que fait obligatoirement une jeune fille de 18 ans à laquelle sa famille interdit de faire quelque chose???? elle le fait! forcément !  
    de fait, Julie et moi étions devenues absolument inséparables en quelques semaines.  
    Quand on vit sur la route, on est capables de s'attacher Terriblement vite les uns aux autres, et de se détacher tout aussi vite.
     
    au milieu de la nuit, quand les gens commençaient à repartir, et que les manèges tournaient à moitié à vide, Julie montait sur le "podium", comme elle l'avait appelé, et elle dansait....
    ça faisait rester les traînards, et marcher les affaires.... moi, je restais à rire avec mes cousins, je vérifiais ma caisse, je surveillais les petits.... mais..... surtout, je regardais Julie.... elle utilisait souvent la même chorégraphie....  
     
    un soir, elle m'a proposé de danser avec elle, pour le reste de la tournée....  
    j'ai hésité plusieurs jours mais.... elle savait y faire Julie et surtout, j'étais fière d'avoir la possibilité d'être un peu à sa hauteur.... et aussi , j'imaginais la tête de mon père , s'il savait.... c'est dingue ce que ça pouvait faire du bien de désobéir, un petit peu.....  
    rajoute à cela les cousins, qui me tarabustaient tous les soirs pour que je rejoigne Julie....
     
    le premier soir, mon cœur battait la chamade.... et puis.... Julie m'a appris à bouger, c'était pas si compliqué en fait.... et.... surtout à prendre confiance en moi.... au premier rang, les cousins m'adressaient des clins d'œil coquins, et, de soir en soir, j'ai de plus en plus appris à m'amuser de ces quelques minutes, tous les soirs, passées à danser sous l'œil  des passants.... les beaux jours aidant, les petites jupes ont fait leur apparition autour de ma taille.... sous l'œil grognon de ma famille.... et l'œil.... bienveillant de celui qui n'allait pas tarder à devenir mon Maître.... je n'imaginais pas encore, à ce moment là....
     
    c'est si éphémère le monde des forains, pas le temps d'avoir honte ou de complexer que, déjà, on a démonté et remonté les machines, et l'on est passé dans le village d'à côté....  
     
    un soir.... c'était l'un des derniers soirs que je passais avec Julie et sa famille.... Ils m'avaient bien proposé de continuer encore la tournée avec eux mais..... je ne voulais pas trop m'éloigner de Raphaël.... j'ai prétexté que je ne voulais pas quitter ma famille mais.... en réalité c'était à lui que je commençais déjà à m'attacher, sans vraiment me l'expliquer....
     
    Julie et moi, on s'était juré que, pour la dernière fois où l'on allait danser ensemble, on allait être "sensas' ", comme elle disait....
    on a passé pas mal de temps à deux à se coiffer, se maquiller, on riait comme des gamines, et la caravane semblait ne pas vouloir tenir en place sur ses roues tellement on chahutait...
     
    J'ai regardé une dernière fois le CountDown , un des manèges pour lesquels je vendais les jetons, se lancer, presque à vide....
     
    et on a dansé à deux pour la dernière fois.... J'avais suffisamment pris confiance en moi pour être tout à fait à l'aise, et on a ri comme à chaque fois... il n'y avait presque plus personne , notre "public" se compensait majoritairement des gosses des forains .... ce village était vraiment tout perdu au milieu de pas grand chose....
     
    au moment où on allait se changer, pour aider les autres à démonter, on a entendu une voix, une voix d'homme, nous interpeller....
     
    " é! les filles ! ça vous dit de vous faire pas mal d'argent pour pas grand chose ?"
     
    Julie a cru que c'était un obsédé, et elle a tourné les talons....
     
    je suis restée, et lui ai demandé: " peut être. en faisant quoi?"
     
    c'est là qu'il m'a parlé de la nuit des titans.... une soirée consacrée aux combats de boxe, apparemment .... et qui allait avoir lieu le surlendemain...  
     
    il cherchait deux jeunes femmes, de type espagnol, pour danser pendant les deux entractes, et il était prêt à nous lâcher 100 euros à chacune, simplement pour danser, pendant deux fois 4 minutes....
     
    j'ai rapidement rattrapé Julie, qui m'en voulait de pas l'avoir suivi, mais.... qui finalement était aussi tentée que moi d'accepter.
     
    l'homme nous a donné l'adresse, et le nom des deux chansons sur lesquelles on devrait danser...
    "Showbiz" de Matt Pokora, et "Whenever, Wherever" , de Shakira.
     
    quand il est parti, on était un peu incrédules.... mais... on allait bien voir....  
     
    au petit matin, j'étais passée, comme je commençais à en avoir pris l'habitude quand je rentrais chez moi, dire bonjour à Raphaël.... il avait une mine endormie... comme souvent, on avait parlé longtemps, de tout et de rien.... je lui avais parlé de "la nuit des titans", et il avait ri.... me souhaitant bonne chance...
     
    quand on était arrivées à la salle, Julie était surexcitée, elle avait un tout petit trop bu, je crois...
     moi, je n'en menais pas large....  
     
    et j'en ai mené encore moins large quand j'ai vu les petits shortis, et les petites brassières que l'on devait porter pour les danses.... j'ai failli me dégonfler.... j'ai dit à Julie " j'me sens pas finalement tu sais...."
     
    Julie m'a redonné confiance, et.... elle m'a donné un cachet.... "tiens, glisse ça sous ta langue, tu verras, ça donne des ailes...."  
     
    L'homme qui nous avaient repérées est passé.... il avait l'air stressé à mort, comme si c'était un chef d'orchestre alors que.... c'était juste de la boxe....  
    "je compte sur vous hein les filles! donnez le maximum ! toute votre hargne, toute votre haine, dansez comme si vous combattiez! "....  
    il a dû voir, à mon expression, que j'étais plus que sceptique, et moins motivée que jamais....
     
    il m'a souri, et m'a dit: "pour te donner du courage, pense à la personne que tu aimes le moins sur cette terre, imagine que tu l'as là, en face de toi, et que tu peux la défier en dansant.... t'imagines? c'est cette attitude là que je veux sur le ring. faîtes moi chauffer l'ambiance les filles."
     
    mon esprit a trouvé en un quart de seconde.... la bonne femme de la DASS.... Marie-Jeanne, comme on l'appelait, parce qu'on a jamais su son prénom, mais qu'elle avait une tête à s'appeler Marie-Jeanne.... oui.... sans aucun doute, c'était cette vieille teigne sans cerveau que je détestais le plus....  
     
    à peine au milieu du ring.... je pense que ça doit être grâce au cachet que m'avait donné Julie.... je n'ai plus eu peur.... j'ai retrouvé le p'tit esprit malicieux, comme heureux d'être libre, qui s'installait en moi chaque soir où on avait dansé ensemble, Julie et moi....  
     
    Contrairement à ce qu'avait dit l'homme.... on n'a pas trouvé assez de hargne en nous, Julie et moi, pour combattre quoique ce soit.... du moins pour ma part.... j'ai simplement trouvé en moi de la féminité.... une féminité que je ne connaissais pas.... qui naissait du simple fait d'oser montrer mon corps, pour les premières fois.... d'oser être ailleurs que dissimulée dans mon petit coin.... et.... j'ai aimé ça.  
     
    Simplement.... je pensais que seuls des étrangers étaient dans les gradins, au dessus de nous....

     
     
    "J'étais là. "
     
    mes pensées ne font qu'un tour.... mais.... comment? pourquoi? je pense que mon Maître lit toutes ces questions dans mes yeux....
     
    " et j'ai compris ce soir là que tu étais devenue plus pour moi que la gosse des voisins. j'ai compris que je te désirais. plus que tout."
     
    les larmes me viennent doucement aux yeux.... s'il savait.... à quel point moi aussi je le désirais, dès ces moments là.... dès qu'il a parlé pour la première fois.... comme je me languissais de lui, en croyant que jamais je ne serai sienne....
     
    j'entends des pas et des voix, derrière nous.... je ravale rapidement mes larmes.... je suis en train de prendre conscience de la chance que le destin m'a donné, de croiser un jour la route de mon Maître.... de croiser un jour le chemin de Raphaël.... je sais que son prénom restera gravé à jamais en moi.... même si les traces, elles, s'effaceront un jour....
     
    il y a quelques minutes.... avant qu'il ne me dise ça.... j'aurais eu terriblement peur.... et terriblement honte... d'être nue au milieu de cette salle.... alors qu'"ils" approchent....  
    à présent, je m'en moque.... la honte et la peur se sont enfuis....
     
    tout ce que je veux, c'est être La soumise qu'il mérite, et ce soir je sais que je donnerai tout pour l'être....
     
    le rideau s'écarte.... ce sont des hommes qui approchent.... trois hommes.... l'un deux semble connaître mon Maître....
     
    "Raphaël !  je t'avais rayé du monde des vivants ! ça fait combien ? deux ans ?"
     
    son regard se porte sur moi.... je vois qu'il détaille les marques sur ma peau.... il a l'air surpris.... je suis surprise aussi.... d'avoir supporté ça....  
     
    " et ça c'est quoi ? .... c'est ta nouvelle soumise ? "
    je me sers un peu contre mon Maître.... je n'aime pas beaucoup le "ça", pour me désigner, ni le "nouvelle", mais je vais essayer de ne pas y donner d'importance....
     
    les autres hommes aussi baissent leur regard sur mon corps....  
     
    "t'es venue nous la présenter? "
     
    "oui. exactement."
     
    mon Maître me pousse doucement devant lui.... je voudrais rester lovée contre lui.... mais....je me force à me tenir droite, et à garder le regard baissé....je Veux qu'il soit fier de moi....
     
    sans plus de préambule, l'homme qui avait l'air de connaître mon Maître avance une main décidée vers mes seins.... il les soupèse, les malaxe sans douceur.... je prends sur moi pour me laisser faire, et rester immobile.... mais.... lorsqu'il pince mon téton droit entre ses ongles, j'ai un mouvement de recul, et je gémis doucement....
     
    l'homme rit.... "elle est mignonne.... mais t'as encore du boulot hein mon vieux!"
     
    mon Maître sourit.... sa voix est calme et posée.... elle me rassure....  
    "non.... c'est un petit ange...."
    il se rapproche derrière moi, plaque mon dos contre lui, et enroule ses bras autour de mon ventre.... sa chaleur me procure un sentiment immédiat de bien-être....  
    tout contre ma nuque, je sens son souffle.... "un petit ange qui va me rendre fier de lui ce soir.... n'est-ce pas nina?"  
    je laisse aller mon visage contre lui.... je murmure "oui Monsieur...."
     
    l'homme sourit.... je ferme les yeux.... et me laisse aller contre le corps de mon Maître....
     
    je sens les doigts qui viennent à nouveau caresser mes seins.... ma respiration s'accélère.... les bras de mon Maître se serrent plus fort autour de mon ventre....
     
    rapidement, il me semble que d'autres doigts ont rejoint les premiers.... des doigts qui descendent.... et qui exhortent mes cuisses à s'écarter.... je résiste un instant.... pas longtemps.... "laisse toi faire nina." cette voix.... je ne peux pas résister.... c'est impossible....
     
    les bras de mon Maître lâchent ma taille, et viennent se glisser sous mes fesses.... il soulève doucement mes cuisses, les écarte, et me maintient, en apesanteur contre lui, les jambes écartées.... offerte.... j'ai l'impression de ne plus peser davantage que 20 kilos....
     
    je garde les yeux fermés.... un doigt s'est introduit en moi.... puis deux....
    mes seins, à force d'être malaxés, semblent pouvoir être déformés, comme de la pâte à modeler.... pourtant, sans relâche, les doigts pincent, titillent, écrasent, malaxent....
     
    mon Maître semble vouloir me relâcher un peu.... Non.... je viens de comprendre.... s'il a descendu un peu mon corps, c'est simplement pour que je sente sous mes fesses son sexe....  
     
    d'un seul coup, mon intimité s'humidifie.... c'est de le sentir si excité.... j'ai terriblement envie de gémir....  
    "laisse toi aller nine.... laisse toi aller...."
     
    je soupire.... le premier gémissement est dur à venir.... il vient, pourtant.... et, toujours, les doigts se succèdent dans mon intimité.... et, de seconde en seconde, le sexe de mon Maître semble grossir sous mes fesses.... des larmes de plaisir s'échappent timidement sur mon visage....
     
    j'ai envie de Raphaël comme jamais.... à en mourir d'envie.... malgré moi, je fais aller et venir le bas de mes reins contre son sexe..... j'entends des pas.... comme si l'un des hommes s'éloignait.... oui.... c'est vrai.... il y a moins de doigts à présent qui jouent avec mon corps, comme si je n'étais pas là....
     
    lorsque je sens mon Maître qui me repose à terre, j'entrouvre les yeux.... j'ai tellement honte.... car.... j'ai envie que ça continue.... j'ai envie qu'il m'offre encore.... sans un mot, il pose un bandeau sur mes yeux.... tant mieux.... je sens qu'il lie mes poignets, et , avec l'aide de l'homme qui semblait le connaître, à son arrivée, il hisse mon corps offert, qui s'étend dans le vide, sous la pression des liens....très vite, mes pieds ne touchent plus terre....
     
    j'entends que l'homme qui est resté, et mon Maître, échangent quelques mots.... dont je ne comprends pas la signification.... peu m'importe.... j'ai confiance....
     
    quelque chose de doux.... presque cruellement doux... vient de se promener sur mon ventre.... on dirait.... une plume.... la plume descend.... je sens une présence que je connais se glisser derrière moi, ses mains se posent sur mes seins qu'il enserre, comme pour les protéger, son visage s'appuie dans le creux de mes reins, et mon Maître reste immobile contre moi....
     
    la plume continue sa descente, et arrive sur mon bouton de plaisir.... je gémis.... d'envie.... de plaisir.... j'ai l'impression de ne plus rien être d'autre qu'envie....
     
    la plume est juste assez présente pour faire se décupler mon envie mais.... pas assez pour la satisfaire.... je gémis, comme pour en demander plus.... un "plus" qui ne vient pas....
     
    je commence à me tortiller, à la recherche du plaisir....
     
    "non nina. ne bouge pas." la voix est calme.... pitié Monsieur.... je n'en peux plus....
     
    je sens mon intimité ruisseler le long de mes cuisses.... j'ai tellement honte.... pourtant.... je n'arrive pas à me retenir.... le supplice est en train de gagner sur ma volonté.... je voudrais tellement que mon Maître me prenne, qu'il fasse taire cette brûlante envie dans mon ventre....
     
    chaque fois que je m'arque, sentant le plaisir prêt à exploser, la plume s'évade.... et un gémissement de dépit se fait entendre dans ma gorge....
     
    je murmure "s'il vous plaît Monsieur...."
     
    un silence.... interminable....
     
    "quoi nina? demande moi ce que tu veux."
     
    mon souffle est saccadé par l'envie.... " vous Monsieur. vous."
    ses doigts se détachent enfin de mes seins.... j'entends qu'il me contourne.... j'écarte mes jambes.... et, dès que je sens sa présence contre moi, j'entoure mes cuisses autour de lui.... sans un mot de plus, il s'enfonce en moi....  
    et.... son sexe reste immobile en moi.... comment il peut faire durer le supplice ainsi???? comment???  
     
    soudain, je sens que l'homme est derrière moi.... je viens de comprendre.... ce qu'attend mon Maître.... la peur me prend.... je gémis....
     
    "non ! "
     
    je me débats.... mais je suis coincée....
     
    "non !"  
     
    la panique m'envahit....le safeword.... vite.... le safeword.... je murmure.... " Raphaël.... " les larmes sont en train de m'envahir.....
     
    il a compris.... qu'il va trop loin....  
     
    sans bruit, il caresse mes cheveux.... et murmure, de sorte que je sois sure d'être la seule à l'entendre.... "n'aies pas peur nina. fais moi confiance. pour une fois, fais moi confiance. est ce que je t'ai déjà trahi moi? "  
     
    je sanglote doucement.... "non."
     
    "Non quoi nina? non tu ne veux pas? ou non je ne t'ai jamais trahi?"
     
    les mots sont durs.... à sortir.... à prononcer.... "non tu ne m'as jamais trahie."
     
    il me serre contre lui.... ou je me serre contre lui.... je ne sais plus vraiment.....
    il murmure.... "alors, tu veux ? tu veux bien me faire confiance ?"
     
    les sanglots sont en train de me voler mon air.... je n'arrive plus à respirer.... entre deux souffles, j'articule " oui Monsieur...."
     
    "bien.  c'est bien nina...."
     
    comme s'il n'attendait qu'un geste de mon Maître, l'homme s'enfonce en moi.... je gémis de douleur.... son sexe s'enfonce centimètre par centimètre, comme attendant que je me détende....  
    lorsqu'il est enfin au fond de mes entrailles, mon Maître, lentement, commence un va et vient profond dans mon ventre..... les sexes des deux hommes semblent pouvoir se rencontrer en moi.... je serre fort mes jambes autour de la taille de mon Maître, pour avoir quelque chose à quoi me raccrocher.... pour ne pas perdre pied....
     
    peu à peu, leur rythme se synchronise..... j'ai l'impression de ne plus exister....  
    mais.... très vite, l'homme s'immobilise, et je sens son plaisir m'envahir.... lorsqu'il se retire, je gémis doucement.... la douleur s'évade avec lui....
     
    je love mon visage contre mon Maître.... qui reprend un va et vient.... de plus en plus rapide.... j'oublie tout et je ne suis que plaisir.... plaisir d'être à lui.... de lui avoir offert ça....  
    il se fait violent en moi.... fougueux.... se retire entièrement pour mieux s'enfoncer tout au fond de mon ventre.... j'ai envie de crier mon plaisir....
    lorsque, enfin, son rythme se calme, je reprends mon souffle, et accueille son plaisir dans mon ventre.....  
    il s'immobilise..... et je sens ses doigts se promener sur mes fesses.... longeant les zébrures dessinées par la badine.... par sa main....  
    et je l'imagine.... dans les gradins.... cette nuit là.... regardant mon corps se déhancher sur la musique.... me désirant..... déjà..... sans savoir que je le désirais..... mon Maître.... Raphaël....
    si tu savais tout ce que je te dois..... si tu pouvais seulement imaginer....
    je dessine avec lui, dans mon esprit, les marques qu'il dessine avec ses doigts.... je reste silencieuse..... oui Raphaël.... je suis bien à toi.... inutile de t'en persuader.... je suis à toi.... et je le reste..... car tu m'as offert le plus précieux des cadeaux que l'on ne m'a jamais donné.... tu m'as offert.... la liberté de rester.....  
     
    et..... je crois qu'il m'arrive quelque chose d'étrange.... quelque chose dont je prends conscience au fils des semaines.... des mois..... qui me lie à toi bien plus que les liens, ou que les marques.... Raphaël.... je crois que ..... je T'aime...

     

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