• Les prismes Roses de nos âmes

    A travers mes paupières, je vois la lumière orangée.

    Cette lumière orangée, dans laquelle perlent une multitude de petits points noirs, celle que l'on ne voit que lorsque l'on regarde le soleil de face, les yeux fermés.

    Je n'ai pas envie d'ouvrir les paupières. Si le soleil est arrivé jusqu'à mon visage, ça signifie qu'il a déjà éclairé toute la rue, avant d'arriver là. Et s'il a déjà éclairé toute la rue, ça veut dire que mon Maître est déjà parti.

    Je n'ai pas envie d'ouvrir les paupières, parce que, tant que je les garde fermées, je peux m'imaginer qu'il est là, juste à côté de moi, qu'il est là, et que je n'ai pas loupé son départ.

    Qu'il est là, et que je ne suis pas toute seule.

     

    Quand Mr Propre Pamplemousse / Thé Vert entre en offensive à mes côtés dans la cuisine, et que son odeur qui sent tout sauf le Pamplemousse et le Thé Vert s'élève autour de moi, c'est mauvais signe. Mr Propre n'est qu'un prétexte pour lorgner par la fenêtre. Cette fenêtre que je ne peux lorgner que de la cuisine. J'ai la bougeotte. J'ai les routes dans la tête, et les murs me paraissent des barreaux. C'est stupide. Je peux sortir, si je veux. Je peux sortir. Je n'ai pas besoin de tourner en rond avec Mr Propre. Mais le regard des autres me fait peur. Il me fait peur aussi fort que ma solitude, entre mes murs-barreaux. C'est stupide.

     

    Je jette un coup d'œil à l'heure, et je réalise que ça va être trop long. Je regrette presque de ne pas devoir aller travailler aujourd'hui. Je réalise que ça va être trop long, et que la compagnie de Mr propre ne pourra pas planquer ma solitude assez longtemps pour que la bougeotte me passe.

     

    Je pense aux grosses femmes de la laverie. Et je souris. Je cours jusqu'au couloir, et mon sourire s'efface. Il y a trop peu de linge, dans le bac, pour aller à la laverie. Beaucoup trop peu.

     

    Alors, je fais quelque chose qui me fait honte. Pour ne pas rester seule une minute de plus, je rajoute un peu du linge propre dans le linge sale, et j'emballe le tout.

    C'est stupide.

     

    Dans la rue, avec mon sac de linge sale et de linge propre mêlés, je me dis que c'est vraiment n'importe quoi, et j'ai honte. Je voudrais ne pas être comme ça.

     

    J'ai glissé une pièce de vingt centimes dans la machine de sucettes à la cerise de l'entrée.

    Les grosses femmes sont là, comme toujours à cette heure là, avec leurs tissus colorés et leur langue inconnue.

    Quand la sucette est tombée, elle a fait un bruit de métal contre les parois du distributeur et elles se sont retournées vers moi. Elles m'ont souri. Et leurs sourires m'ont fait du bien.

     

    La sucette a déjà fondu entre mes dents, et je mordille le bâtonnet de plastique blanc qui la maintenait, pour en extraire les derniers grains de sucre, et, surtout, pour ne pas rester à ne rien faire. Je me suis calée sur le couvercle du sèche-couette, le dos contre le mur, comme à chaque fois.

    Les femmes rient, et parlent sans jamais se taire. On dirait qu'elles ne respirent pas, entre les mots. Elles parlent si fort que le plastique du mur vibre dans mon dos. A moins que ce ne soit les tambours des lessiveuses, qui ne fassent ça.

    Les entendre me soulage.

     

    Je respire un grand coup, sans faire de bruit. C'est stupide, mais des fois, heureusement que la laverie est là. Et pourvu que mon Maître ne répare jamais notre machine à laver. Pourvu.

    Je me surprends à serrer les poings en pensant pourvu. Je voudrais ne pas être comme ça.

     
     

    Les femmes parlent toujours si fort que je n'ai pas réalisé tout de suite qu'elles parlaient trop fort, depuis quelques minutes.

     

    Lorsque je relève la tête, je réalise que, si elles se disputent, c'est à cause d'un fond de paquet de lessive renversé sur le sol. Le ton monte en moins d'une minute. Pour un fond de lessive renversé, leurs visages souriants semblent prêts à tuer, je vois leurs bras se lever, et je sursaute.

     

    J'ai quitté le couvercle du sèche-couettes, ai glissé derrière leurs tissus colorés et leurs mots inconnus, et me suis mise à courir.

     

    Dans cette même rue où je traînais ma solitude, mon linge sale, et mon linge propre, il y a une demie heure, j'entends à présent mes chaussures claquer bruyamment sur le béton, et je sens mon cœur s'accélérer.

     

    Accroupie devant le paquet de lessive, je regarde la poudre rosée glisser trop lentement dans le verre ( j'ai oublié la dosette à la laverie ) , et son niveau monter le long de ses parois brillantes.

    Mes doigts tremblent.

     

    Au moment de repasser notre porte, je trébuche sur Mr Propre, et je sens le verre m'échapper.

    J'entends ses parois brillantes se briser, je vois la poudre s'étaler sur le carrelage. Le soleil, qui était en train de finir d'éclairer toute la rue, paraît s'immobiliser sur les fragments du verre brisé, et la couleur rosée de la poudre de lessive projette des prismes de lumière rose sur tous les murs autour de moi. Un instant, je reste fascinée par cette lumière rose. Je ne peux plus détacher mes yeux des petites formes géométriques qui scintillent tout autour de moi.

     

    Et puis, je me rappelle les visages courroucés des femmes, je me rappelle leurs cris, et leurs menaces, je prends une enveloppe de papier blanc, retourne m'accroupir devant le paquet de lessive rose, et, à nouveau, la regarde glisser trop lentement entre mes doigts.

     

    Lorsque j'évite Mr Propre, et que je traverse la lumière rose du verre brisé, une pensée absolument stupide me prend. Je baisse les yeux sur la poudre rose, entre mes doigts, au milieu de laquelle brille l'un des prismes de lumière rose, et je murmure : "je suis en train d'éviter la guerre."

    Puis, l'évidence de ma propre sottise me prend, je pouffe de rire, referme la porte derrière moi, et, en souriant, j'entends mes chaussures claquer bruyamment sur le béton, et je sens mon cœur s'accélérer, dans l'autre sens.

     

    Les femmes n'ont pas cessé de crier, quand j'arrive.

     

    Je tends l'enveloppe devant moi, en reprenant mon souffle.

     

    Je ne sais pas ce qu'elles disent, mais elles ne crient plus. La poudre rose est passée de mes mains à leurs mains, elles m'ont souri, et, à présent, leur langue inconnue recommence à me paraître chantante.

     

    J'appuie mes fesses contre le mur. Je pose mes mains sur la base de mes genoux, et me force à respirer doucement.

     

    Leurs regards vers moi sont inquiets. Je souris.

     

    "ça va."

     

    Elles n'ont pas compris mes mots, mais ont compris leur sens, et leurs rires reviennent peu à peu. En même temps que mon souffle, dans mes poumons.

     

    J'ai perdu le bâtonnet de la sucette.

    Il me reste le couvercle du sèche-couette, et je ne me prive pas de m'y glisser, le dos contre le mur.

    Je regarde ma montre. Le temps a passé. C'est bientôt l'heure du retour de mon maître. Je ferme les yeux, et soupire de soulagement. Tant mieux.

     
     
     
     
     

    "Tu étais à la laverie ?"

     

    Mon cœur sourit au son de Sa voix.

     

    "Oui."

     

    "Sami t'a remboursée ?"

     

    "Remboursée ?"

     

    "Pour ta carte."

     

    Mon Maître était là, lorsque Samira est venue m'emprunter ma carte de paiement pour la laverie. Et, le jour où elle est venue, et qu'Il était là, je n'ai pas osé lui dire.

     

    Je n'ai pas osé lui dire que Sami passe m'emprunter ma carte au moins une semaine sur deux. Je n'ai pas osé lui dire que si je la lui prête, c'est parce que je sais que si elle me demande, c'est qu'elle ne peut pas faire autrement, c'est parce que c'est difficile, pour elle.

     

    Je n'ai rien osé lui dire.

     

    "Non. Pas encore."

     

    La colère sur le visage de mon Maître est évidente.

     

    Je m'accroupis pour réunir le verre et la poudre de lessive éparpillés sur le sol. ça m'évite de croiser son regard.

     

    "T'es vraiment une gourde."

     

    Je n'ose pas répondre.

     

    "Tu m'entends au moins ? T'es une gourde."

     
     

    Je sens les larmes me monter aux yeux.

    "C'est pas vrai."

     

    Je dis "c'est pas vrai", pour faire mine de me défendre, mais en vrai je sais bien qu'il a raison.

     

    "Donne-moi son numéro. J'en ai assez que tu te laisses faire."

     

    Je murmure "Non."

     

    "Donne-le moi."

     

    Je sens mon cœur qui bat à toute allure dans ma poitrine. Je ne lui donnerai pas ce numéro, je ne lui donnerai pas.

     

    "Non. Laisse-moi. Je suis pas une gourde. Et puis d'abord, je travaille, c'est mon argent, que je gagne. Si Sami ne me rembourse pas, ça ne te regarde pas. Je te le donnerai pas, ce numéro. J'ai pas besoin de Toi pour tout."

     
     

    La baffe, je ne l'ai pas sentie venir.

     

    Elle a résonné sur mon visage, ma main droite s'est rattrapée par terre et s'est coupée sur un bout de verre brisé, ma main gauche s'est posée sur ma joue, à l'endroit d'où la douleur venait de m'assaillir.

     

    Je l'ai regardé s'éloigner, et je suis restée sur mes talons, une main sur le verre, et l'autre sur ma peau. Je n'avais déjà plus mal. Mais j'ai gardé quand même ma main sur ma joue, en espérant qu'il se retournerait, et qu'il s'en veuille.

    Il ne s'est pas retourné.

     

    Alors, j'ai retiré ma main de ma joue.

     

    J'ai porté mon autre main à mes lèvres, et ai léché le petit filet de sang qui s'en échappait.

    J'ai pleuré.

     

    Autour de moi, les prismes de lumière rose étaient toujours là. Je me suis laissée glisser sur le sol, et les ai admirés. Admirés comme s'ils étaient la plus belle des choses qui m'ait été donnée de voir. J'ai espéré qu'ils calment mes pleurs. Mais seules les minutes ont été capables de les calmer.

     

    J'ai ramassé le verre et la poudre rose, et les prismes de lumière rose sur les murs ont disparu.

     

    J'ai mis longtemps, avant d'oser le rejoindre. Je sentais qu'il aurait juste suffi qu'il se remette à crier, pour que mes pleurs reviennent. Un mal-être que je suis incapable de décrire avait endolori mon ventre, et le haut de mes cuisses. Comme si mes muscles, et mes abdominaux, étaient devenus du béton.

     

    Je me suis avancée jusqu'à Lui, et j'ai gardé les yeux baissés.

    J'avais envie de lui dire. De lui dire que je ne veux plus de ces moments là. Que je n'en veux plus. J'avais envie de lui dire que j'ai mal. Mais j'ai été incapable de prononcer un seul mot.

     

    Lorsqu'il a passé sa main derrière ma nuque, et m'a attirée à Lui, j'ai retenu un sanglot. J'ai enfoui mon visage dans le tissu de son tee-shirt, et j'ai coupé ma respiration pour que le sanglot ne sorte pas.

    Ses bras se sont serrés autour de moi.

     

    J'aurais voulu trouver les mots. J'aurais tellement voulu.

     
     

    Les heures de la journée sont passées. Mon sanglot est passé aussi. Et Il a même réussi à me faire rire, en me racontant des bêtises.

    A un moment, il m'a dit : " Pour ta carte, pour la laverie, c'est pas grave, t'en fais pas.".  Mon souffle s'est coupé, mon ventre s'est serré, et ma main s'est posée sur ma joue. C'est stupide. C'était déjà trop tard pour qu'il s'en veuille.

    Et puis, tout aussi vite, il a changé de sujet. Et j'ai ri à nouveau.

     
     
     
     
     

    Lorsque la soirée est née, les premières étoiles l'ont appelé, pour me le voler.

    C'est amusant comme, chaque fois, il peut être en train de faire n'importe quoi, les premières étoiles l'appellent. Je vois ses yeux les guetter, par la fenêtre, et dès que l'une d'entre elles entre dans son champ de vision, il me sourit, et il sort.

     

    Il s'assoit sur notre marche, et il allume une cigarette. Il prend un plaisir simple, un plaisir évident, à cette première cigarette du soir sous les premières étoiles. Et moi, souvent, je sors m'asseoir à côté de Lui, à ce moment là. On se parle rarement, pendant la première cigarette du soir. C'est pourtant le moment de nos journées que je préfère entre tous.

     
     

    Ce soir, le ciel, au-dessus de nous, est voilé, et les étoiles sont discrètes. Et mon Maître me prête plus d'attention que les autres soirs. Sa main libre se glisse sur ma cuisse, qu'elle écarte, l'attirant à Lui. Ses doigts se posent sous mon ventre.

     

    "Va te changer."

     

    Mon jean le dérange, le tissu de mon jean le dérange. Je comprends. Je souris. Et je passe la porte sans faire de bruit.

    Dans la salle de bain, je me souris dans le miroir, en retirant mes sous-vêtements, et en choisissant une jupe courte, un petit haut au décolleté peu couvrant, et des chaussures fines.

     

    Je reviens rapidement à Lui, et je suis telle qu'il l'aime.

     

    Alors que j'allais m'asseoir à côté de Lui, il se lève, ferme la porte à clé derrière nous, glisse sa main derrière mes reins, et descends notre marche.

    Je comprends. Et je regrette d'avoir choisi ma jupe si courte.

     

     

    Un instant, l'idée de le lui dire me prend, mais ce serait idiot : c'est tout ce qu'Il espère.

    Alors, je me serre un peu plus contre Lui.

     

    Ce que je craignais arrive: il bifurque à la deuxième petite rue.

    La petite rue où se donnent rendez-vous tous les jeunes du quartier, la petite rue où il y a un escalier, sur lequel ils s'installent pour boire et rire. La petite rue où il ne faut pas passer, quand on est seule la nuit.

    Je me serre plus fort encore contre mon Maître, moi, je ne crains rien, moi, je ne suis pas seule.

     
     

    Lorsque je sens sa main me repousser, je ne comprends pas. Je lui jette un regard de panique, et lis dans ses yeux sa petite victoire.

     

    "On se rejoint à la maison. Toi, tu rentres par là."

     

    Je jette un coup d'œil vers la rue, puis un coup d'œil sur mes genoux nus. La panique me prend.

     

    "Tu n'as pas besoin de moi, c'est bien ça, non ? Prouve-le."

     

    Mon cœur bat la chamade.

     

    "Non..."

     

    " Non ? "

     

    "S'il vous plaît Monsieur... S'il vous plaît..."

     

    "J'adore quand tu supplies."

     

    Il me retire ma veste, ne laissant sur mes épaules que le petit haut au décolleté profond que j'avais enfilé pour Lui.

     

    "Tu n'as pas besoin de ça, non plus.

    Tu rentres par là."

     

    Et il tourne les talons.

     

    Je m'entends murmurer "Monsieur", mais, dans cette rue où la lumière des lampadaires paraît plus faible qu'ailleurs, je ne distingue déjà plus sa silhouette.

     

    Je me retourne vers l'endroit qu'il m'a indiqué, et je frémis.

     

    Je tire un peu sur ma jupe, j'essaie de couvrir davantage mes épaules, et la base de mes seins. Mais mes gestes sont tout simplement inutiles.

     

    Je sens mes poings se serrer. Je suis incapable, absolument incapable, de traverser cette rue. Je ne supporterai pas les réflexions qui s'élèveront immanquablement sur mon passage, je ne supporterai pas la peur qui va me prendre, je ne supporterai pas de recroiser l'un d'entre eux dans la rue, après. Je sens que je panique complètement, je sens les larmes me monter aux yeux. Et je sens mes jambes faire demi-tour, pour désobéir à mon Maître.

     
     

    Dans la faible lumière des lampadaires, je sens deux bras me saisir, et me plaquer contre le mur. Je retiens un petit cri, lorsque je reconnais son visage.

     

    "Qu'est ce que tu fais ?"

     

    "Je ne peux pas. Je ne peux pas, Monsieur."

     

    Un sourire s'esquisse sur son visage.

     

    "Tu n'as pas besoin de moi, mais tu es incapable de parcourir les 500 mètres qui te séparent de la maison sans moi, c'est ça ?"

     

    Je tremble comme une feuille.

    "Si, mais... pas comme ça."

     

    "Comme ça", ce sont les vêtements que j'avais mis pour Lui.

     

    "Tais-toi."

     

    Je baisse les yeux. Je prie en moi-même pour qu'il ne me force pas à faire ça.

     

    "Allez, enfile ça, tu vas encore attraper froid."

     

    Il réentoure mes épaules avec ma veste, me tire à lui, et m'éloigne de cette rue. A nouveau, je me serre contre Lui.

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    A peine arrivés à la maison, mon Maître a relevé brusquement le minuscule morceau de tissu qui me servait de jupe sur mes reins, il m'a poussée vers la table, où mon corps s'est replié presque de lui-même, et j'ai senti sa main danser sur la peau nue de mes fesses.

     

    Lorsque sa main a fatigué, c'est la cuillère de bois qui était posée à côté de Lui qui a pris la relève. La fessée a duré pendant de longues minutes. Mon Maître a pris son temps, laissant chaque onde de douleur faire son chemin jusqu'à mon esprit. Laissant aussi, peut-être, le temps à mon souffle de ne pas me lâcher, entre les coups.

     

    Puis, lorsque j'ai commencé à gémir de plus en plus fort à chaque coup, il a empoigné mes fesses à pleines mains, les a écartés, et s'est enfoncé en moi. J'ai senti, à chacun de ses va et viens en moi, que mes mots l'avaient blessé. J'ai senti, à chacun de ses va et viens en moi, son désir de me faire mal, pour les mots que j'avais prononcés. Et j'ai gémi plus fort que ce que j'avais mal, pour qu'Il me pardonne.

     

    Car je peux bien dire tout ce que je veux, il a raison, j'ai besoin de Lui. J'ai un besoin vital de Lui.

     

    Lorsqu'il a joui en moi, et que ses ongles se sont enfoncés dans la peau rougie de mes fesses, j'ai vu les prismes rosés de lumière danser tout autour de moi, sur les murs. Et pourtant, depuis bien longtemps, le soleil était parti.

     

    J'ai vu les prismes rosés s'éclairer de toutes leurs forces dans notre maison, et j'ai senti une certitude m'envahir : il faudra que quelque chose change.

     

    Il faudra que quelque chose change.


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