• pâle après-midi d'orage...

    "nina, mange !"
     
    je fais mine de touiller dans mon riz, peut-être que si les grains jaunis par le curry filent sur les côtés de mon assiette, il ne réalisera pas que ça ne passe pas....
     
    à la télé, ils disent qu'il va y avoir de gros orages en fin de journée, et que notre département est en alerte orange. je jette un coup d'œil par la fenêtre, et je pouffe de rire. Le ciel est plus bleu que jamais, et les cigales sont déjà sorties !
     
    "tu m'as saoulé hein nina, tais-toi un peu !"
     
    je relève un regard surpris vers lui, et croise ses yeux rieurs. oui..... c'est vrai, je crois que je ne lui ai pas lâché plus de trois mots depuis qu'il est rentré, tout à l'heure.
    je lui souris.
     
    "excuse moi."
     
    Son attention se reporte vers la télé, les images des inondations, dans les autres régions, sont impressionnantes.
     
    "je crois que j'ai bien fait de reprendre la pente de la Chappe, sinon on aurait eu une piscine, pour cet été!"
    c'est vrai que les orages sont toujours violents, ici, mais...
     
    encore un regard vers le ciel.... "non, il pleuvra pas, regarde ..."
     
    ça fait un moment qu'il a fini de manger....
     
    " déjà que tu mangeais bizarrement, mais maintenant tu as décidé de ne plus rien manger, c'est ça?"
     
    je baisse les yeux.... ma technique du "pousse-riz" n'a pas marché, je crois.... il dit que je mange "bizarrement", parce que je refuse toujours de manger les animaux, mais moi je me souviens....
     
    j'étais sûre d'être la personne la plus heureuse de la terre, quand il m'a dit: "nina, tu viens avec moi pour la semaine?"

     
    je me suis inquiétée: "mais et ton patron?"
     
    "mon patron, je m'en fous, dans deux semaines on s'en va, et j'en aurai un autre. et au pire, tu te cacheras. bon, tu viens ou pas?"
     
    le souvenir des fois où j'étais cachée sous la grosse couette, retenant avec peine un fou rire, m'est revenu en mémoire, et je me suis sentie plus joyeuse de plusieurs années.
    j'ai dit au revoir et j'ai embrassé dix fois mon tonton, avant de filer en courant, toujours cette crainte, que, quand je revienne, il ne soit plus là, on ne sait jamais....
     
    le camion me paraissait énorme, et les vibrations de la route me faisaient sautiller sur la banquette, à côté de mon père.
     
    je piaillais, comme pour lui faire un condensé de ces six mois écoulés, tout y est passé, l'école, les amies, les histoires d'Abuela... il me semblait qu'il fallait que je rattrape tout ce temps murés dans le silence....
     
    lui, il souriait, et répondait par de petits "a!" "non?"! "a bon?!"
     
    son visage me semblait moins éteint, et, malgré moi, je voulais profiter de cette longue route pour lui donner un concentré de joie de vivre, espérant secrètement réussir à le faire sourire....
     
    à l'aire de camions, le chocolat brûlant a réchauffé mes lèvres gercées par le froid glacial de l'autoroute.
     
    il est descendu dans ma gorge comme un réconfort inattendu dans ces mois sans lumière, aussi chaud que la voix de mon père qui résonne plus fort que les autres, au dessus de celle des autres conducteurs....
     
    au moment de ranger, il enfile sa veste, et, sous celle-ci, l'ours jauni de Favio, que j'ai bourré avec les graines de lavande, tombe du siège, sur le béton.
     
    mon père a l'air moqueur. "c'est à toi, ça?"
     
    "non, c'est à Favio, j'ai oublié de lui laisser."
     
    son visage se ferme.....
     
    c'est le moment où jamais..... je vais sauter sur l'occasion !
     
    "est-ce que tu crois que tu peux essayer de l'aimer, un tout petit peu?"
     
    je regrette déjà de ne pas m'être tue..... la gifle à laquelle je m'attendais tombe..... le chocolat prend un goût de sang..... les autres conducteurs me fixent, je voudrais pouvoir disparaître de honte, je n'ai envie que d'une chose, c'est de partir loin de cette aire d'autoroute, et de rentrer au camp....
     
    je ramasse l'ourson jaune, et retourne au camion. le froid va me tuer. j'entends les bêtes qui pleurent dans le camion à côté du notre.... et le sang, dans ma bouche, qui continue à me noyer.... le même goût que lorsque je cuis mal la viande du petit.... le sang des vaches a le même goût que mon sang. les pleurs des bêtes et leur odeur m'assiègent.....  
     
    plus jamais je ne mangerai leur douleur, puisque leur douleur a le même goût que la mienne....plus jamais je ne parlerai aux adultes.... plus jamais. je ne dirai que ce qu'ils ont envie d'entendre....

     
     
    "réponds-moi nina !"
     
    je lui souris..... "mais non, c'est juste que je suis stressée, à cause du travail."
     
    "pourquoi?"
     
    "j'ai peur que la nouvelle équipe ne m'aime pas, ou que ça se passe mal."
     
    "pourquoi tu dis ça?"
     
    j'hésite un instant..... et décide d'éviter le sujet..... je prends un air rieur "laisse tomber. t'as toujours pas besoin d'une secrétaire, par hasard?" ça serait tellement plus simple, si seulement je pouvais travailler avec mon Maître.... pas besoin de faire ses preuves.... mais bon, ça ne servirait à rien, ça ne ramènerait pas de sous....
     
    "réponds moi nina. pourquoi tu as peur?"
     
    je baisse les yeux..... j'en ai trop dit, ou pas assez....
     
    "leur chef ne voulait pas me garder, à cause de..... tu sais bien.... mais il a été obligé. je ne suis pas licenciable, puisque je fais mes résultats."
     
    "à cause de quoi nina?"
     
    je n'ai pas envie de lui répondre..... "tu sais bien...."
     
    "non, je ne sais pas. dis le moi."
     
    "à cause de mon accent. tu le sais !" j'ai élevé un peu le ton, il m'énerve à faire mine de ne pas voir.....
     
    il fait claquer doucement sa langue, je sais bien qu'il n'aime pas quand j'élève la voix contre lui.... je baisse le visage.... son silence me paraît trop long.....
     
    "ton accent.....oui..... je sais."
     
    je croise à peine son regard, mais comprends bien que je ne vais pas rester "stressée" très longtemps.... tant mieux....
     
    "tu as ton dernier scripte que tu as dû apprendre?"
     
    je murmure "oui...."
     
    "bien. va le chercher nina"
     
    je lui ramène la feuille de papier, mes mains ont déjà commencé à trembler.....
     
    "pose tes doigts là."
     
    j'hésite un instant, mais sa voix ne laisse pas place à la contestation.... tant mieux....il m'indique sa cuisse, je m'agenoue sur le carreau, à côté de lui, et ouvre mes doigts sur sa jambe....sa main se sépare au milieu de mes poignets, autour desquels il resserre ses doigts, et qu'il plaque sans concession possible contre sa peau....
     
    j'ai envie de fermer les yeux, mais il pose sur mes avants bras la feuille de papier, et murmure "lis."
     
    je vois bien qu'il saisit de sa main libre la petite règle de métal carrée, mon sang ne fait qu'un tour, mais je n'ai pas le temps d'avoir peur.... malgré moi, j'entends ma voix qui s'élève, et qui lis.....
     
    le premier coup tombe..... mes doigts se resserrent.... un claquement de langue, et ils se déplient....
    les autres coups font trembler tout mon corps. bien malgré moi, j'essaie de me dégager, mais mon Maître me tient fermement.....  je ne savais pas qu'il pouvait y  avoir autant de "u" sur une seule page.... ma voix commence à ne plus ressembler à grand chose, et les erreurs que je parvenais à corriger au début se succèdent au même rythme que les coups....
     
    mes gémissements de douleur et mes sanglots ponctuent ma lecture.... je n'y arriverai jamais.... c'est Impossible.... je commence à craquer, et n'arrive plus à lire trois mots de suite sans m'effondrer.... lorsque je sens la pression de ses doigts se relâcher autour de mes poignets, je ramène mes mains vers moi, mais suis incapable de les serrer.... la feuille de papier, tâchée de petites gouttes de sang, et de petites gouttes de larmes se froisse contre ma poitrine....
     
    à genoux contre lui, je sanglote doucement.... je sens ses doigts caresser ma joue, et je les embrasse au passage.... je le laisse me prendre contre lui.... et mes larmes cessent aussitôt....
     
    c'est lui qui soignera mes doigts, un par un, quelques minutes après.... je suis à genoux et embrasse son sexe du bout des lèvres, puisque c'est tout ce qu'il me reste pour le combler, pendant que le coton imbibé fait trembler mes mains.... l'alcool est pur, et la douleur me glace de l'intérieur, mais je ne fais pas un geste pour me retirer.....  
     
    "et si on allait chez Marielle, ça nous changerait les idées, non?"
     
    oui.... après tout, oui.  
     
    je lui demande quelques minutes, et je file à la salle de bain. je tourne le bouton de la radio, j'entends qu'il pouffe de rire. c'est "radio suicide" , comme il dit.....  
    je démêle à la hâte mes cheveux, enfile une petite robe que..... je pourrai retirer facilement....  
     
    lorsque je ressors, il glisse sans un mot une main entre mes cuisses, et me sourit, en constatant que, comme d'habitude, j'ai fait selon sa volonté. pas le moindre morceau de tissu ne lui vole mon intimité.
     
    dans la voiture, j'ai déjà oublié le travail, et une petite bouffée de bonne humeur m'envahit. il fait une lourdeur étouffante dans le parking, et les rues sont désertes, la chaleur a cloîtré les gens chez eux et un drôle de vent bouscule les feuilles mortes, et fait claquer les volets. cette ville m'effraie, parfois.
     
    le petit carillon de chez Marielle me fait sourire. elle a l'air surprise de nous voir, elle était en train de dessiner un modèle que j'adore.
     
    mon Maître l'embrasse sur la joue, et Marielle dépose un baiser sur mon front.
    je parcours la pièce du regard, comme d'habitude, une odeur d'encens que j'adore se dégage du petit comptoir, et les rideaux, multicolores, dansent sous le petit courant d'air frais de la fenêtre d'en haut.  
     
    "ça fait longtemps que vous n'êtes pas venus."
     
    elle est jolie Marielle. Elle a le flegme et le calme des artistes.....
     
    mon Maître me pousse doucement vers l'arrière de la boutique, et me fait signe de retirer ma robe. un reste de honte, venu de je ne sais pas où, me fait hésiter. Marielle le voit bien, et me sourit. Le regard de mon Maître, lui, ne laisse plus place au refus, maintenant, et je laisse glisser le tissu le long de ma peau....
     
    j'ai du mal à être à l'aise, et garde le regard baissé....
     
    Marielle ramène ses derniers modèles.
     
    "c'est magnifique, comme toujours." mon Maître glisse un baiser contre la nuque de Marielle, et saisit le tissu entre ses doigts, puis me tend les sous vêtements qu'il préfère.
     
    pour dissimuler ma honte, je garde mon regard dans celui de mon Maître, tandis que les différentes pièces de dentelle pâle s'invitent les unes après les autres sur mon corps nu. parfois, devant ma maladresse, nos trois rires s'élèvent, clairs et discrets.
     
    les doigts de Marielle viennent se joindre aux miens, et sa douceur parvient à me faire oublier ma honte. lorsqu'elle noue les liens pâles du modèle qu'elle était en train de dessiner autour de mes jambes, je jette un regard joyeux vers mon Maître, et il acquiesce. Marielle a réellement un don, et, sous ses doigts, on se sent "redessinée"....
     
    "Alors, tu es décidé?" Marielle rigole doucement, mon Maître semble incapable de choisir.....
     
    je joins mon regard à celui de Marielle pour me moquer gentiment de lui, j'adore ce petit air indécis sur son visage.
     
    "Je te fais confiance."
     
    il tire le rideau orangé derrière lui, et laisse le soin à Marielle de choisir pour lui. Sa présence me manque déjà, et je suis un peu déçue, mais, très vite, Marielle chuchote doucement à mon oreille des mots qui me font rire, sans bruit, pour que mon Maître ne m'entende pas. des gestes que je n'aurais sûrement pas osés, mais qui, selon elle, rehausseront encore le pouvoir de ses "œuvres de tissu". sous son regard brillant, je joue à reproduire les gestes que je mettrai sans doute en application pour mon Maître, et je me sens légère.....
     
    lorsque je replie le rideau derrière moi, mon Maître ne me voit pas..... il fixe un petit livre.... je me glisse sans bruit derrière lui, et pose les yeux sur les images qui ont l'air de le rendre si euphorique....
     
    ce sont...... des bijoux.... un peu spéciaux.... il m'en avait déjà parlé, j'avais murmuré "non", et il n'avait pas insisté....
     
    je fixe longuement les photos de ces lèvres rosies, marquées de petits anneaux.... petits anneaux d'appartenance.... une preuve de plus.... machinalement, mes doigts passent sur mon collier.....
     
    je ne le vois pas se retourner, et me fixer..... lorsque je croise son regard, je baisse le mien.
     
    il me fixe longuement, sans dire un mot.... il n'en a pas besoin.... il a vu mon regard.... il sait que j'ai changé depuis mon dernier "non".  
     
    je sens ses doigts se promener à la base de mes lèvres, et descendre doucement.... lorsque je croise à nouveau son regard, j'acquiesce prudemment. une petite pression sur mon bouton de plaisir, je gémis doucement, et je ferme les yeux.... la peur me prend, mais il n'en saura rien.
     
    un baiser sur mon front, et il s'éloigne sans rien dire. j'aperçois, derrière le rideau qui se referme rapidement, Marielle, qui était en train d'emballer les petites merveilles qu'elle m'avait aidé à choisir.
     
    j'entends leurs chuchotements, je commence à trembler.... la panique est en train de me gagner, l'encens me prend à la gorge , et la pâleur des murs tourne autour de moi.
     
    lorsque le rideau s'ouvre à nouveau, Marielle me sourit, dépose un baiser sous ma nuque, et serre ses doigts autour de mon poignet. je soupire , pour me forcer à respirer, et la suis, avec un dernier regard vers mon Maître.
     
    lorsque je vois qu'il nous emboîte le pas, ma peur s'estompe un petit peu..... Marielle recouvre la tablette d'un drap jaune pâle, qui, en se dépliant, embaume la pièce d'une odeur de lessive séchée au grand air.
     
    de moi-même, je viens me placer sur la tablette. je ferme les yeux lorsque je sens les doigts de Marielle qui nouent autour de mes chevilles les liens qu'elle serre fermement.
     
    elle jette un regard surpris à mon Maître, lorsqu'elle noue mon poignet gauche, et lis dans ma main les traces de la sanction que j'ai reçue avant de partir de la maison. je replie doucement mes doigts, et détourne le regard.
     
    je suis des yeux la silhouette de mon Maître qui me contourne, et vient serrer ses doigts autour de ma main libre. j'oublie la douleur dans mes mains, et m'accroche à la sienne. je pose mon front sur son avant bras, et je ferme les yeux.
     
    je sens un coton humide se promener sur mes lèvres, mon cœur bat beaucoup trop vite, j'ai envie que tout s'arrête, mais je ne dis rien.
     
    à chaque fois que l'air sort de mes poumons, un faible gémissement que je n'arrive pas à retenir s'échappe de mes lèvres, dicté par la peur.
     
    il me semble déjà sentir le métal gelé sur mes lèvres, je ne peux pas m'empêcher d'avoir un mouvement de recul, je serre plus fort les doigts de mon Maître entre les miens.
     
    une caresse de Marielle sur mon ventre, je comprends ce qu'elle signifie, je cesse de respirer, tous mes muscles, malgré moi, se contractent de peur, le mince filet de lumière que mes yeux captent, derrière la peau de mon Maître se met à tourner à toute allure autour de moi. je sens déjà la douleur...... je la sens déjà.......  
     
     
    lorsque j'ouvre à nouveau les yeux, un bruit assourdissant au dessus de moi m'effraie. je sursaute et me relève d'un seul coup, je croise immédiatement le visage de mon Maître.
     
    je ne ressens aucune douleur.... je l'interroge longuement du regard, il a l'air si fier de moi.... il est si beau quand il a ce regard là.....  
    prudemment, je glisse une main entre mes cuisses..... mais..... la fine peau de mes lèvres est toujours aussi vierge d'appartenance.....
     
    les larmes me viennent aux yeux.... je n'ai pas réussi..... je n'ai pas réussi.
     
    je ramène mes jambes contre moi, pour étouffer un sanglot. je relève les yeux au dessus de moi, le vacarme est celui de la pluie..... les cigales ont fini par se taire, finalement.
     
    j'ai si honte....  
     
    il s'approche de moi, et glisse ses doigts sur mon visage, il pose ses lèvres sur les miennes....
     
    "je suis fier de toi nina."
     
    je frémis..... pourtant, je n'ai pas réussi. je murmure "mais...." il pose ses doigts sur mes lèvres.
     
    "mais rien. je suis fier de toi."
     
    il entoure ses bras autour de moi, et me garde longtemps contre lui.... je crois qu'il est simplement fier que j'ai dit oui, même si ma peur m'a empêché d'y arriver....
     
    je me sers plus fort contre lui.
     
    lorsque nos corps se séparent, je cherche Marielle du regard, mais elle n'est pas là.
     
    Mon Maître, sans un mot, m'aide à m'habiller, et pousse la porte. le petit carillon résonne joyeusement dans le vacarme assourdissant de la pluie sur la gouttière de taule.
     
    les derniers traînards pressent le pas, pour éviter la pluie.  
     
    à côté de mon Maître, je me sens minuscule, et je réalise, en suivant son pas, à quel point je suis chanceuse d'être à ses côtés. je m'en veux pour toutes les fois où je l'ai maudit en moi-même de me laisser seule, ou de m'appeler " petit bout de femme", comme si je n'étais rien d'autre. le "petit bout de femme" que je suis, à côté de lui, est plus grand que toutes les "femmes" que je pourrais être. je me déteste d'oser si souvent remettre ça en question.
     
    la pluie trempe nos corps..... il n'y a plus personne d'autre que nous dans la rue....  
     
    lorsque Raphaël me pousse doucement dans la petite ruelle , je ne comprends pas très bien.... le parking n'est pas par là! il me fait danser sur moi-même, pour que je me retrouve face au mur, et relève ma robe sur mes fesses.
    il pleut bien trop pour que quiconque passe ici. la pluie trace de longues traînées brillantes sur nos corps, je pose mes doigts sur le béton, devant moi, et m'offre à mon Maître. j'entends les volets qui se claquent , dans la rue principale, les gens qui crient d'une fenêtre à l'autre, qui paniquent devant l'eau qui monte, le long de la pente de la rue.
     
    je ferme les yeux. je sens le sexe de mon Maître s'enfoncer en moi. l'orage explose derrière nous, un éclair illumine notre petite rue.  
     
    la pluie se fait aussi violente que le sexe de Raphaël dans mon ventre. mes gémissements de plaisir sont masqués par le bruit de la pluie, mes doigts se crispent sur le béton, lorsque je sens son sexe s'enfoncer d'un seul coup dans mon petit trou..... aller de l'un à l'autre, alternant une brutalité que je chéris tout autant que sa douceur, avec une tendresse dont je me nourris jour après jour.
     
    je sens ses ongles s'enfoncer dans mon ventre, puis dans mes seins..... son sexe se défouler violemment dans mon anus.... de petits cris de douleur s'échappent de mes lèvres....
     
     la pluie se calme en même temps que lui, et en même temps que moi....
     
    les larmes de plaisir, sur mon visage, se mêlent aux énormes gouttes célestes, salées à la commissure de mes lèvres..... l'épuisement me fait tomber à genoux face à ce mur que je ne vois même plus, et je sens son corps s'accroupir derrière moi, ses genoux entourer ma taille, et ses bras me serrer contre lui.
     
    il n'y aura plus personne lorsque nous traverserons sans hâte la rivière grise qui a envahi la rue principale. plus personne d'autre que nous. juste deux silhouettes oubliées de tous dont les chevilles narguent le torrent grisâtre, juste deux silhouettes devenues ivres de  
    douleur, souples de plaisir.... deux silhouettes qui ont oublié de se presser sous l'orage et qui le regardent s'éloigner, déjà.... toujours plus loin....

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