• Trois tiges de lavande décolorées.

    Il est 5H du matin... Je sors de l'usine, le corps un peu engourdi de fatigue... Je traverse le parking, il fait froid dehors, je ressers ma veste autour de moi...
    J'arrive au niveau de Sa voiture, j'entrouvre la portière et , en une fraction de seconde, son odeur me parvient. Je retrouve mon oxygène, et je frémis de bien être. Je me glisse à l'intérieur et me laisse couler sur son siège... Je jette un regard en arrière, le hangar est resté entrouvert, et les blouses blanches en papier des intérimaires s'agitent dans tous les sens.  
    Je suis heureuse d'avoir fini mes 8 heures.  
    Parfois, même les soumises rêveuses et leur Maître infaillible n'ont plus assez de thunes pour finir le mois...
    Je démarre prudemment, Sa voiture s'impatiente sous mon corps... Elle est à son image : puissante et sûre.  
    La route défile sous mes yeux endormis... J'ai envie de lui... Son odeur m'assiège...  
    Sur le bord du cendrier, une cigarette roulée avec soin, du bout de Ses doigts... Je la saisis, en douceur, comme un petit trésor, et y porte les lèvres, comme il fait souvent, juste pour sentir l'odeur du tabac froid.  
    Je la repose exactement comme je l'ai trouvée, il n'aime pas que je déplace ses affaires, et je n'aime pas lui désobéir. Sur le pare soleil rabaissé, glissées entre deux morceaux de plastique noir, trois tiges de lavande fanées, sèches et décolorées... Pâles et passées pour les autres... Vivantes et pures pour nous... pour mes souvenirs... Je souris, seule, en me souvenant de ce matin d'été où, après m'avoir fait l'amour 100 fois sur l'herbe jaune, dans le soleil naissant, il a joué longtemps à promener ces tiges de lavande parfumées sur ma peau nue, me faisant trembler de plaisir...
    Ce matin, malgré la fatigue, mon ventre en tremble encore...Et, au milieu de ce petit espace clos mais plein de lui, j'ai envie de lui plus que jamais, je me sens belle et à lui, je suis Sienne plus que tout, et je passe la 5ème pour le rejoindre plus vite...
     
    Je pousse la porte , sans bruit... je traverse le couloir sur la pointe des pieds... arrivée à l'entrée de la chambre, je passe un regard discret dans l'entrebâillement... Il dort... Silencieux et immobile... je m'approche... contemple son visage... y dépose un baiser imaginaire... si j'osais , je le réveillerais, rien que pour me perdre dans son regard audacieux...
     
    Je fais demi tour, me dirige vers la douche... je me sens sale... je me laisse couler sous l'eau tiède, promène mes doigts le long de mon ventre, de mes seins, m'attarde sur mon entrejambe... l'eau ruisselle sur ma peau pâle... l'odeur de mangue de mon gel douche envahit la cabine...
     
    Lorsque je reviens vers la chambre, une odeur sucrée et propre se dégage de moi, je me dirige sagement vers ma place, au bas du lit... un dernier regard vers lui... la tentation est si forte... j'ai tellement envie de sa chaleur... la nuit a été dure... j'ai envie de son odeur... juste 5 minutes... après, je vais à ma place... bien sûr, je reste souvent à ses côtés pour la nuit... il suffit juste de lui demander la permission avant... je sais y faire pour le convaincre... mais il dort... je l'ai quand même mérité... je me glisse sans bruit à ses côtés... juste 5 minutes... je me love à quelques millimètres de son corps... juste assez prêt pour me laisser envahir par sa chaleur... juste assez loin pour ne pas le réveiller.... Je ferme les yeux , de plaisir... juste 5 minutes... après, je vais à ma place... après, je... je suis si bien à côté de lui...  
     
    Un bruit sourd me fait sursauter... c'est sûrement les voisins d'à côté... j'entrouvre les yeux... son regard me transperce... je lui souris... j'émerge tout doucement... un coup d'œil vers le réveil, il 10Heures... 10 heures ? je me suis endormie ? je me suis endormie...
    Ses doigts se promènent sur mon visage... la plus douce des caresses... j'embrasse la paume de ses mains, tout doucement...sans un mot, il saisit mes poignets, les maintient au dessus de mon visage, et souplement, se laisse glisser sur mon ventre... son poids me maintient... je ferme les yeux de bonheur... son sexe s'insinue en moi, je gémis de plaisir, il se cambre pour aller loin dans mon ventre... je voudrais que cet instant dure toute une vie... je m'offre à lui de tout mon être... ses allers et venues en moi se font de plus en plus rapides... je n'arrive pas à émettre un son tellement mon plaisir me submerge, des larmes de bonheur inondent mes joues, et, lorsqu'il se calme enfin, je mords ma lèvre inférieure pour m'empêcher de crier mon plaisir...son corps se détend sur le mien... il se laisse aller... je ferme les yeux...  
    Il se retire doucement, s'allonge à côté de moi, reprend son souffle... je viens me lover contre lui... ses doigts passent dans mes cheveux... un baiser sur mon front...  
    « ça a été nine cette nuit ? » sa voix se fait chaude et douce... j'ai envie de me plaindre, j'ai envie de lui dire que si j'emballe encore un carton de compote, je vais me transformer en compote, que si je me brûle encore une fois sur cette machine que je déteste, je vais fondre en larmes... mais... je suis tellement bien au creux de lui...
    «  oui monsieur, ça a été... »
    Il me sourit... « tu t'es pas perdue pour rentrer ? » je souris... non... je me suis pas perdue... son odeur m'a appelée... sa présence m'a ramenée à la maison, à elle seule... je fais non de la tête... et vais cacher mon visage entre ses reins...
    « ça va alors... tu t'es pas perdue non plus pour trouver ta place, pas vrai ? » je frémis un instant... c'est vrai que je n'ai pas demandé... j'avais presque oublié... je décide d'ignorer sa question... et me cache plus loin au creux de sa peau... il me repousse doucement...  
    « pas vrai nine ? » je m'agenoue à ses côtés... je garde le regard baissé... je sens ses yeux détailler mon corps... mes cheveux retombent sur mes yeux... dissimulent mon visage...
    « je sais monsieur... » j'ai envie de lui expliquer à quel point j'avais besoin de lui... à quel point son absence me pèse... mais les mots restent bloqués au fond de ma gorge... il repousse mes cheveux, je relève un regard prudent vers son visage.  
    « allez, tu montes. » la petite pièce au dessus de notre chambre sert souvent à me faire purger mes sanctions... je n'ai pas envie de monter.... Je tente d'entrouvrir les lèvres, pour dire non... son regard se fait dur... je murmure « non ».  
    « pardon nine ? » je ne bouge plus d'un geste, mon cœur bat la chamade... je suis folle ou quoi... ? je me mets à trembler... aussitôt prononcé, ce non est amèrement regretté.  
    Il élève un peu le ton. « tu montes. » sa voix se fait froide... mon cœur se glace... mes pieds nus sur le carrelage froid montent l'escalier quatre à quatre... une fois en haut, je m'agenoue à même le sol, et j'attends... je tremble comme une feuille... les minutes me semblent des heures... je voudrais pouvoir accélérer le temps...
    Enfin, j'entends ses pas réguliers et lents dans l'escalier... je respire tellement vite que mes poumons semblent vouloir éclater... l'angoisse fait bourdonner mon esprit, je ne peux plus penser...
    Enfin, il arrive devant moi... sans un mot, il prépare les liens... je suis figée sur place, sur le sol, mes pensées s'emmêlent...  
    « relève toi. » comme un automate, mes jambes se déplient, il saisit mes poignets, j'ai un mouvement de recul, j'ai peur... une peur sourde qui me plombe le ventre... je résiste un instant...
    « laisse toi faire nine, ça va aller... » sa voix a retrouvé sa chaleur... l'air à nouveau entre et sors de mes poumons, je respire lentement, pour essayer de me calmer... les larmes roulent sur mes joues...  
    Il me soulève , comme si mon corps ne pesait rien, et noue mes poignets... mes pieds touchent à peine le sol...
    Je gémis doucement.
    « ça va aller nine ».  
    Un instant, il reste à me regarder, je garde le regard au sol, incapable du moindre mouvement.
    « regarde moi. » je ne bronche pas... peut être que je vais pouvoir le faire changer d'avis...
    « allez nine, regarde moi, sois gentille... » je relève mes yeux humides vers son visage...
    «  souris moi... » je reste impassible, immobilisée par l'angoisse...
    « s'il te plait nine, souris moi... » son regard se fait protecteur et tendre sur mon corps offert... je lui souris... je le désire...
    Il promène ses doigts sur mon corps, je frémis... il pose deux pinces sur mes tétons hérissés par le froid... je gémis... « chut ! » je ferme les yeux, pour me faire taire...
    Deux autres pinces sur les lèvres de mon intimité... je me laisse faire, immobile... la douleur envahit mon être, de bas en haut... je me crispe... la douleur provoquée par les pinces s'accentue de seconde en seconde.  
    Je sens qu'il glisse quelque chose en moi, quelque chose de suffisamment gros pour rester en place, tant que je reste tranquille, mais de suffisamment petit pour ne pas me faire réellement mal... je lui jette un regard interrogateur... il s'éloigne...  
    J'ai peur... peur qu'il m'oublie ici... peur qu'il me laisse toute seule ici plus longtemps que la dernière fois... j'essaie de le retenir du regard...
    « sois bien sage ma puce. » j'ai envie de crier ! pour qu'il ne me laisse pas seule, j'ai envie de m'époumoner à en perdre le souffle pour le retenir... je ne laisse pas échapper un son...  
    Je l'entends descendre l'escalier, la porte d'entrée claque... le silence envahit la maison...  
    Les sanglots ne tardent pas à arriver... la douleur dans ma poitrine et mon bas ventre est de plus en plus présente... je sanglote en silence... je donnerai tout pour qu'il revienne...  
    J'essaie de me calmer, de me concentrer sur le raie de lumière qui filtre entre les deux rideaux... mais, au travers de mes larmes, il est flou, changeant, dansant...
    Je me débats un peu, mes liens se resserrent, sciant la circulation de mon sang dans mes doigts... je m'agrippe aux liens, ferme les yeux, et me concentre pour rester immobile, pour rester calme... les minutes passent... le silence m'étouffe... je tends l'oreille, il va peut être revenir, il revient !!! non... c'est mon imagination... seulement mon imagination... les quarts d'heure passent, longs comme des journées... la douleur m'ankylose... je commence à me calmer... le raie de lumière tourne autour de moi dans la pièce... le temps est interminable... je n'en peux plus... j'ai besoin de lui, maintenant... je pense à son regard confiant, juste avant qu'il parte... les larmes reviennent... je sanglote à nouveau... pourvu qu'il ne m'oublie pas ici...
    Les règles ne sont pourtant pas très nombreuses, ni très difficiles à respecter, pourquoi il faut toujours que j'en fasse à ma tête, pourquoi je suis comme ça ?  
    Je laisse aller mon visage en arrière, il faut absolument que j'arrête de trembler... il faut absolument que je me calme...  
    D'un seul coup, un spasme secoue mon ventre... je ne sais pas ce qu'il a glissé en moi avant de me laisser, mais cette chose s'affole dans mon ventre... au travers de mon angoisse, un spasme de plaisir m'agite...j'essaie de me débattre, pour calmer cette impression, mais chacun de mes mouvements ne fait qu'amplifier cette sensation... j'essaie de me cambrer, j'aimerais tellement pouvoir calmer ce feu... d'un seul coup, les vibrations cessent, je reprends mon souffle... une certitude m'envahit, quelque part, il est en train de jouer avec quelque chose qui déclenche cela en moi... quelque part, il pense à moi... quelque part, il est là... mes larmes s'effacent, je souris...il est là...
    Les vibrations s'affolent à nouveau, d'un seul coup, au creux de mon ventre... je gémis de plaisir... j'ai tellement envie de lui... l'objet devient comme fou au creux de moi, je tremble de plaisir, d'envie, je me contorsionne, mes liens se resserrent de plus en plus fort autour de mes poignets, je me retiens de crier...  
    mon corps est bouillant...
    d'un seul coup, cela se calme, mon corps se relâche soudainement... je gémis de soulagement... je relève les yeux...  
    il est là, juste en face de moi, il m'observe... je n'ai même pas entendu la porte... je n'ai même pas entendu ses pas dans les escaliers...  
    je lui souris, sa présence est comme un souffle de vie... il me contourne, caresse amoureusement mon corps... je tremble de bonheur...  
    «  tu es belle ma puce quand tu es comme ça... » je soupire...  un coup cingle le milieu de mon dos... mon cri de douleur est resté dans ma gorge... il passe devant moi, retire les pinces de mes seins... je respire trop vite... le martinet atteint la peau pâle de mes seins, régulièrement, y traçant , comme une œuvre, des sillons rosés parallèles et identiques... je gémis, me laisse aller... mon ventre est maintenant la cible des lanières précises et cinglantes... je cambre mon corps , me contorsionne, pour essayer d'éviter le cuir qui mord ma peau... certaines lanières, comme un fait exprès, s'échappent sur la base de mon sexe, la douleur est cuisante...
    Je respire si vite que mon cœur semble prêt à exploser... les derniers coups sont plus appuyés, sur mes reins... cette fois ci, je n'en peux plus... je lui jette un regard... pour qu'il comprenne... il ne comprend pas... les coups se suivent, de plus en plus forts, je n'arrive plus à savoir quelle partie de mon corps ils atteignent, ma tête me tourne, tout tourne autour de moi... je ferme les yeux...
     lorsque je les ouvre à nouveau, je suis allongée, sur sa couette... son regard me fixe, paisible... je lui souris... mes doigts sont accrochés aux siens... je sers fort...
    il promène sa main libre sur ma nuque... je gémis de plaisir... je détourne un instant le regard de son visage, pour reprendre mes esprits, à côté de moi, sur le duvet, un petit bouquet de lavandes... décolorées... je soupire de bonheur... fixe une dernière fois mon regard dans le noir profond de ses yeux... et m'endors... serrant fort entre mes doigts la main de celui à qui je suis... corps et âme...
     

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